samedi 3 décembre 2011

Cachez ce félin!


Il y a les chats de bibliothèque, et puis, il y a les chats d'hôtels de luxe, comme Matilda III, l'élégante chatte du prestigieux hôtel Algonquin en plein Midtown. Matilda est la très délicate héritière d'une dynastie féline régnant depuis plus 70 ans dans le lobby de cette institution hôtelière new-yorkaise. Ce ragdoll (c'est sa race) a été intronisé cet été lors d'une petite sauterie animalière assortie d'un défilé de mode félinMais depuis que le "City Department of Health & Mental Hygiene" a décrété que le félin violait les règles d'hygiène en laissant traîner ses pattes velues dans le lobby où est servi de la nourriture, "fluffy Matilda" - qui a même un profil Facebook, son fil Tweeter et sa propre adresse mail - fait couler de l'encre dans la presse locale. La sentence du département d'hygiène est sans appel: la boule de poils doit désormais être tenue en laisse derrière la réception et doit se retirer dans ses appartements l'après-midi quand les clients dégustent petits snacks et cocktails dans les moelleux fauteuils du lobby, au grand désespoir des habitués de la maison qui la cherchent vainement: "but, where is Matilda!?" s'interrogent-ils. Le personnel de l'établissement ayant bien trop peur de voir se dégrader la note d'hygiène de leur 5 étoiles d'un rutilant A en un honteux B punitif (ici, les notes d'inspection sanitaire doivent être apposées sur les vitrines des restaurants) respecte cette règle à la lettre. La preuve, quand j'ai voulu aller saluer Matilda hier après-midi, on m'a assuré qu'elle était "upstairs" et que pour la voir, je devrai repasser en matinée,...chapeau! Bien brieffé le staff! Et pour me consoler, le gentil maître d'hôtel m'a offert une carte dédicacée de l'animal (ci-dessus).

La question sanitaire rapidement reléguée en second plan, cette anecdote a surtout le mérite de faire de la pub à cet établissement de renom situé juste à côté du Sofitel (oui, celui où descend(ait) DSK) et fréquenté dans les années '20 par un cercle de grands écrivains. L'Algonquin tire d'ailleurs bien profit de la renommée de sa mascotte à longs poils en proposant un package intitulé "Friends of Matilda" comprenant une lettre de bienvenue rédigée des pattes du félin, une réplique de ce dernier en peluche, la révélation de ses secrets de santé et de beauté (??) mais malheureusement pas de visite privée de Matilda dans sa chambre. On peut maintenant se demander si le chat récemment engagé au Bristol subira le même sort des contrôles d'hygiène parisiens ?  

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