lundi 28 novembre 2011

Mon New York insolite (part one)

Voilà presque deux mois que nous sommes installés à New York, cette ville fait déjà un peu partie de nous, son énergie coule dans nos veines, son brouhaha incessant s'est installé dans notre tête, ses grandes et petites misères dans notre coeur. A travers ce pêle-mêle de photos éclectiques, je désire vous faire partager certaines facettes plus décalées de Big Apple, glanées au cours de mes pérégrinations. Cette première série fonctionne sur le mode du "no comment" mais n'hésitez pas à m'interpeller sur l'un ou l'autre cliché dans les commentaires ci-dessous,... 


Dans le même style, jetez aussi un oeil sur "Un mois de novembre à New York" sur le blog Bazaraudiovisuel.

vendredi 25 novembre 2011

Happy Thanksgiving!


Ce 24 novembre, comme tous les derniers jeudis du onzième mois de l'année, les Américains fêtaient Thanksgiving. Bien que j'ai déjà entendu parler de cette fête à multiples reprises à travers la littérature et le cinéma d'Outre-Atlantique, je vous avoue que sa signification m'était un peu vague. Heureusement, il y a Wikipedia!


 "Cette fête, l'Action de grâce en français, était historiquement un jour de fête chrétienne durant lequel on remerciait Dieu par des prières et des réjouissances pour les bonheurs et les bonnes récoltes octroyés pendant l’année." 


Nous voilà un peu plus instruits. Thanksgiving ne fait pas partie de notre calendrier religieux en Europe mais ici, cette célébration est quasi plus importante que Noël. Au cours des ans, elle est devenue une fête laïque en Amérique du Nord, si bien que de nombreux magasins sont fermés, chose assez rare à Big Apple. Thanksgiving se fête en famille à grands renforts de dindes farcies, de pommes de terre douces, de soupes, de tourtes et de gâteaux aux potirons (les restes d'Halloween peut-être?). La fête est marquée dans les rues de New York par la traditionnelle parade du grand magasin Macy's. Une véritable institution qui remonte à 1924, la parade en est donc cette année à sa 85 ème édition ! 


Sur le terrain, ça ressemble à un immense cortège carnavalesque composé de centaines de chars, de fanfares et de majorettes tourbillonnantes mais surtout avec de magnifiques gros ballons gonflés à l'hélium à l'effigie de personnages et de personnalités célèbres. Les lecteurs qui me connaissent bien savent que j'aime beaucoup le carnaval, en particulier celui d'Hélécine, mon village natal, j'ai donc pris beaucoup de plaisir à regarder cette parade qui lance en grandes pompes la période des vacances ("holiday season"). C'est aussi à ce moment que Santa Claus (le Père Noël donc) fait son entrée officielle dans les festivités. Alors, voir un Spiderman, un Kung Fu panda, un Pikachu, un Kermit ou un Schtroumpf XXL se balancer dans le ciel bleu new-yorkais, leur silhouette se découpant sur les buildings, je peux vous dire que cela fait son petit effet et ce ne sont pas seulement les enfants qui s'exclament mais toute la famille, les Américains sont vraiment de grands enfants, et nous, on prend plaisir à les accompagner dans leur fantaisie !









Le cortège se termine par le char de Santa Claus, la saison des vacances peut commencer!


mercredi 23 novembre 2011

Maurizio, tu me fais tourner la tête!



Hier après-midi, il tombait une bonne grosse "drache", comme on dit en Belgique. L'occasion de se réfugier bien au sec dans un musée. Destination: l'autre côté de Central Park, l'Upper East Side et le Guggenheim pour la rétrospective de l'artiste contemporain Maurizio Cattelan intitulée "All". Maurizio est, aux côtés de Jeff Koons et de Damien Hirst, l'un des artistes les mieux cotés de sa génération. A 51 ans seulement, ce roi de la provoc' originaire de Padoue que l'on surnomme aussi l'"idiot du village de l'art contemporain" entend par cette exposition tirer sa révérence de la scène artistique. Et peut-on rêver de plus beaux adieux (si du moins, l'homme que l'on dit versatile est sérieux) que de hisser plus d'une centaine de ses oeuvres emblématiques en plein milieu du célèbre musée new-yorkais tel un mobile désarticulé ? 




Cette exposition m'a donné un sacré tournis, pour deux raisons. Premièrement, il y a cette rotonde spiroïdale propre au Guggenheim, une oeuvre en soi qui (me) donne déjà le vertige. (Vertigo vous connaissez ?) Et deuxièmement, au milieu, sur toute la hauteur du bâtiment en hélice, tel un immense carrousel, il y a ces 128 oeuvres hyperréalistes de Maurizio Catellan qui trônent dans le vide, suspendues par un astucieux système de fils. En montant ou descendant la rampe de la rotonde, se dévoilent alors sous différents angles un doigt d'honneur XXL, une figurine d'Adolf Hitler à genoux tel un gamin puni, une effigie du pape grandeur nature mis à terre blessé par une météorite, trois bras levés en signe nazi, un cheval empaillé grandeur nature, un buste nu de jeune femme, une dépouille en cire représentant John Fitzgerald Kennedy allongé dans son cercueil ouvert,...En gros, 20 ans de carrière de provocation, de détournement, d'ironie, de dérision, d'usurpation sont ainsi mis en pâture, comme du linge - sale diront certains - mis à sécher dans l'antre virginal de l'un des plus beaux musées du monde. 




J'émets toutefois quelques bémols. Présentée comme une rétrospective, cette expo n'en est pas une car il n'y a tout simplement aucune chronologie pour guider le visiteur dans cette pagaille d'oeuvres d'arts. De plus, le visiteur un peu confus devra télécharger une application pour iPhone ou iPad (à 3,99 ou 5,99 dollars + les 18 dollars d'entrée, l'art n'est définitivement pas à portée de toutes les bourses) avec les explications pour chaque oeuvre. Et quand on a (honteusement) pas d'iPhone? Eh bien on attend qu'un iPad (une petite dizaine seulement) mis à disposition dans un recoin sombre du musée se libère pour en savoir plus sur une oeuvre précise mais, malheureusement, sans être devant cette dernière pour pouvoir l'admirer pleinement. Certaines créations décontextualisées perdent aussi fortement de leur symbolique, comme ce doigt d'honneur géant dressé à l'origine devant la bourse de Milan pour dénoncer les dérives des banques. Mais ne doit-on pas y voir là encore une ironie féroce de la part de Maurizio et son envie viscérale de tourner en dérision l'Art contemporain ? Dans la foulée, l'artiste se moque de ses oeuvres vendues parfois plusieurs millions de dollars, qui se retrouvent là non pas dignement exposées mais réduites à de "simples salamis qui pendent" comme il le dit lui-même. 





Cette immense installation artistique, véritable prouesse technique, sublimée par l'architecture de Frank Lloyd Wright ne pouvait néanmoins trouver plus bel écrin à sa résonnance. J'en ai été littéralement subjuguée, tellement impressionnée qu'au fur et à mesure que je montais la rampe légèrement inclinée, les jambes de plus en plus flageolantes, j'ai ressenti le besoin de me réfugier dans les salles annexes du musée pour faire une pause et prendre de la distance face à autant de stimulis, sans m'être préparée psychologiquement à me retrouver nez-à-nez avec une magnifique série de Kandinsky, d'hypnotiques monochromes des années '60, de délicates toiles impressionnistes (Manet, Cézanne,...) ainsi que de grandes fresques iconiques du mouvement pop art (Lichtenstein, Warhol,...). De quoi faire trembloter mes jambes encore un peu plus,... Merci le Guggenheim, merci Maurizio!





Maurizio Cattelan : « All », jusqu'au 22 janvier, Solomon R. Guggenheim Museum , 1071 Fifth Avenue (at 89th Street) New York, NY 10128-0173 – Fermé le jeudi

PS/ Pas facile facile de prendre tout ce "brol" en photo, le blog Bazaraudiovisuel y est arrivé bien mieux que moi, allez y jeter un coup d'oeil en cliquant ICI !

mardi 22 novembre 2011

Divins levain cookies


En balade dans l'Upper West Side ou après un petit tour dans Central Park, l'estomac vient vite à gargouiller. Si c'est le cas, je vous conseille de découvrir LE meilleur cookie du quartier à la Levain Bakery. Quand j'ai goûté pour la première fois un Chocolate Chip Walnut Cookie de cette petite boulangerie en sous-sol au décor industriel brut, le monde s'est littéralement arrêté autour de moi. Car ce cookie à la fois moelleux et croustillant, dégoulinant de grosses pépites de chocolat encore tièdes est carrément le meilleur que j'ai jamais mangé de ma vie, rien que de l'écrire, j'en ai l'eau à la bouche. Bien épais et consistant - rien à voir avec les cookies tout plats et insipides qu'on a l'habitude de trouver en Belgique - il vaut son pesant de 4 dollars, croyez-moi! En plus, le sourire du charmant vendeur est compris dans le prix. 


Un coeur moelleux avec des grosses pépites de chocolat fondant.
MIAM MIAM MIAM!!!

Levain Bakery
Upper West Side, 167 West 74th Street NY 10023.
Harlem, 2167 Frederick Douglass Blvd. (Btw 116th et 117th), NY 10026.

samedi 19 novembre 2011

Roosevelt Island, l'île des fous

Vue sur l'Upper East Side de Roosevelt Island.
Roosevelt Island n'est pas la première destination des city-trippers de passage, trop obnubilés par Times Square, Miss Liberty ou Fifth Avenue. La raison est simple, disons le franco, il n'y a pas grand chose à voir sur ce lopin de terre longiligne (3 kilomètres sur 240 mètres) posé dans l'East River, entre Manhattan et le Queens, et enjambé par le Queensboro Bridge. Autrefois appelée Welfare Island car peuplée de nombreux hopitaux et asiles de fous, cette île qui compte 12 000 habitants au total est aujourd'hui plutôt réservée aux New-Yorkais friqués en quête de calme et aux employés de l'ONU qui investissent dans des buildings résidentiels de luxe. J'ai surtout voulu me rendre sur Roosevelt Island pour jouir de la vue plongeante et à couper le souffle sur Manhattan et ses quartiers environnants depuis le téléphérique vertigineux qui y mène en quelques minutes et pour le prix d'un simple ticket de métro (soit 2,25 dollars). Au final, l'excursion fut bien plus fructueuse qu'imaginée.


Roosevelt Island vue d'East Midtown.
S'élançant de l'Upper East Side, à l'angle de la seconde Avenue et de la 60ème rue, la cabine téléphérique appelée bizarrement "tramway" embrasse tout le quartier et longe le magnifique Queensboro Bridge. Une fois atteri sur cet îlot principalement piétonnier, des vestiges du passé méritent le coup d'oeil. Ironie géographique du sort, ces différentes curiosités sont dispersées en plein milieu et aux deux extrêmes pointes de l'île, ce qui m'a permis de la parcourir de long en large.



Le "Tramway" vers Roosevelt Island.
Le téléphérique longe le magnifique Queensboro Bridge.


Vue paisible sur l'Upper East Side depuis les rives de l'îlot.
Trônant à la pointe nord-est, telle la proue d'un bateau, on trouve ainsi un phare esseulé, le Blackwell Island Lightouse datant de 1872. Il est l'un des derniers de New York et est auréolé de plusieurs légendes urbaines dont une affirmant qu'il aurait été construit par un résident frappadingue échappé d'un des asiles insulaires. Toujours au nord de l'île  est planté l'Octogon, tout ce qui reste en réalité de l'entrée d'un asile psychiatrique pour femmes réintégrée dans un ensemble résidentiel flambant neuf. Un peu plus loin, la Blackwell House est l'une des plus vieilles fermes de New York. Plantée au 543 Main Street, écrasée par d'imposants buildings, on peut admirer la Chapelle of the Good Shepherd, construite en briques bien rouges. A la pointe sud de l'île, on aperçoit les ruines néo-gothiques lugubres du Smallpox Hospital, abandonné depuis les années '50 et aussi surnommé Renwick Ruin vu son état actuel. Les patients atteints de la petite vérole y étaient mis en quarantaine à la fin du 19 eme siècle à cause d'une pénurie de vaccins. Des projets de réhabilitation de ce site classé sont en cours.

Le coeur de l'île, la place où est implanté le Starbucks, donc.
La promenade entre ces différents endroits permet de profiter d'une vue magnifique sur l'Upper East Side d'un côté et sur le Queens plus industriel de l'autre en appréciant le lointain bourdonnement continu de Manhattan auquel on échappe avec délectation pour quelques heures. Au milieu des années '70, Rem Koolhaas a bien essayé de donner un petit élan architectural à l'île avec son projet de construction intitulé: "Delirious New York": the Welfare Island Hotel and the Roosevelt Island Redevelopment Proposal". Ses plans un peu farfelus il faut bien l'avoue n'ont jamais été concrétisés. Ils sont exposés au MoMA:




Preuve que l'endroit n'est pas si désespéré, un Starbucks - peut-être le plus paisible de Big Apple - a investi la place principale de l'île il y a peu,  autre preuve que l'endroit n'est pas si impopulaire, Sarah Jessica Parker y a vécu un moment. Rien que pour cela, Roosevelt Island vaut bien une petite visite, non ?

Vue sur l'Upper East Side, les pieds dans l'eau.
Vue sur les industries du Queens de l'autre berge.
Vue tranquille sur l'Upper East Side.
Immeubles à appartements de l'île.
Le Blackwell Island Lighthouse. © wikicommons
Chapelle of the Good Shepherd dans Main Street. © wikicommons
Les ruines du Smallpox Hospital. © wikicommons
Le Smallpox Hospital vu d'East Midtown.

jeudi 17 novembre 2011

Strip - Tease tonight!



J’ai eu l’occasion d’assister récemment de façon assez improvisée à un show de la New York School of Burlesque (merci en passant à notre ami Michi pour la découverte). J’y allais dubitative et avec une petite appréhension d’une ambiance cabaret porn amateur un peu glauque. Appréhensions bien vite envolées dès mon arrivée au Parkside Lounge, bar typiquement US (snooker, vieux jeux vidéo Pac Man, Jukebox, Budweiser à 3 dollars pendant l'happy hour,...) du quartier chaud de Bowery où avait lieu la représentation. Et au final, le résultat fut assez réjouissant.



Pour la petite histoire, le new burlesque est un mouvement artistique et féministe né aux États-Unis aux débuts des années 1990 dans la lignée des premiers shows sexy des années ’40 à ‘60. Lors de ces performances scéniques, des danseuses pratiquent le strip-tease ou l’effeuillage dans son approche plus soft. L’artiste burlesque la plus connue en Europe est Dita Von Teese, fondatrice de la première école de burlesque classique de Paris. Aux Etats-Unis, Bettie Page est la plus célèbre pin-up fétichiste ayant influencé l’imagerie du New Burlesque. Mathieu Almaric a d'ailleurs plutôt bien dépeint le milieu dans son film Tournée, présenté à Cannes en 2010.


Pendant le show donné dans l’arrière-salle de ce bar bondé, rassurez-vous, pas de strip-tease intégral (puritanisme américain oblige, les tétons sont toujours masqués, souvenez-vous du scandale de Janet Jackson au Super Bowl en 2004) mais un effeuillage tout en sensualité et surtout empli d’une bonne dose d'humour. Dans la salle où règne une ambiance très bon enfant, on sent une vraie spontanéité et une réelle complicité émaner de ces strip-teaseuses d’un soir qui s’en donnent à cœur joie. Pour la plupart de ces filles, il s'agissait de leur première prestation. Aucune gêne ne vient gâcher le plaisir de voir ces demoiselles aux mensurations variables – certaines sont très pulpeuses – prendre leur pied en se déhanchant sans complexes et en exhibant leurs courbes devant la petite trentaine de spectateurs enjoués présents dans la salle. 


En résumé, j'ai assisté à un show pétillant et plein de surprises mettant en scène des filles bien dans leur peau, à contre-courant des canons de beauté photoshopés que nous sert trop souvent la société de consommation actuelle. La New York School of Burlesque propose aussi des cours aux « rescapées » du cancer du sein (ce qu'elle appelle les "survivors") sous l’intitulé Pink Light Burslesque, une façon pour ces femmes touchées dans leur féminité de se réapproprier leur corps et leur « sexy attitude ». Attention, burlesque show devant!