jeudi 26 janvier 2012

Being Mrs Dalloway


"Mrs. Dalloway said she would buy the flowers herself. For Lucy had her work cut out for her. The doors would be taken off their hinges; Rumpelmayer's men were coming. And then, thought Clarissa Dalloway, what a morning—fresh as if issued to children on a beach. What a lark! What a plunge! "



Voici l'un des extraits les plus populaires du chef d'oeuvre de Virginia Woolf Mrs Dalloway. A chaque fois que je passe devant le fleuriste du coin de la rue (ouvert, je précise, 24/24, 7/7, pratique si votre ami/mari/amant a une envie urgente de vous offrir des tulipes en pleine nuit), à chaque fois que je vois cet étal rempli de bouquets de fleurs de toutes les variétés et de toutes les couleurs (même des roses turquoise), quelque chose me taraude, une voix lointaine me titille. 



Et aujourd'hui, le penny est tombé. Ces jolis bouquets de pâquerettes, ces "daisies" en anglais, me rappelle cette Mrs Dalloway ou plutôt, son équivalent contemporain dans le roman de Michael Cunningham The Hours. Un roman que je connais presque par coeur car il fut le sujet de mon mémoire de fin d'étude à l'université. L'histoire de Clarissa Vaughan, cette Mrs Dalloway moderne transposée au début des années 2000 commence en effet par une paraphrase de ce célèbre extrait du roman éponyme écrit par Virginia Woolf au milieu des années '20. 

Meryl Streep incarne une Virginia Woolf moderne dans The Hours.
 

Clarissa, jouée par Meryl Streep dans le très bon film inspiré du roman, s'en va un matin acheter des fleurs et se laisse enivrer par l'excitation matinale de Manhattan, quand elle arrive chez le fleuriste, elle s'exclame: "What a thrill, what a shock, to be alive on a morning in June, prosperous, almost scandalously privileged, with a simple errand to run." Et ce fleuriste, il ressemble comme deux goûtes d'eau à celui du coin de ma rue. Mais au fait, quand j'y pense, Mrs Dalloway, c'est un peu moi, "almost scandalously privileged", dans mes errances urbaines, et je vous rassure, la comparaison s'arrête là,..."What a thrill, what a shock!" mais encore, "What a lark! What a plunge!"

* pour la petite histoire tragique, Virginia Woolf était frapadingue, elle entendait des voix, après avoir rempli ses poches de gros cailloux, elle a fini noyée dans une rivière du Sussex.