jeudi 16 février 2012

Ma Fashion Week (III): Dans l'univers de Diesel et d'Altuzarra

Pour ma première fashion week new-yorkaise live, j'ai eu la chance d'assister à deux défilés de mode, au style assez différent. En ce Valentine's Day, j'étais invitée au show Diesel Black Gold. Il avait lieu au Pier 57 sur les bords de l'Hudson dans le quartier très branché du Meatpacking District. Dans un entrepôt sombre et brut de décoffrage j'ai pu découvrir, entourée de quelque 400 autres invités, la collection pour l'hiver prochain du label haut de gamme italien.





Dans cet univers que le label définit comme "rock-chic", j'ai particulièrement apprécié ce petit pull noir traversé par une discrète tirette et parsemé de mini-clous pour un look à la fois simple et sophistiqué:



Côté accessoire, j'ai flashé sur ce sac bleu:


Ouf! En voyant ces petits clous et ces paillettes, je peux être rassurée, mes "collants diamants" seront encore à la mode l'hiver prochain!




Samedi, j'ai eu la chance d'assister au défilé plus intimiste du jeune créateur français basé à New York Joseph Altuzarra. A 27 ans, ce jeune talent vient de décrocher un prix prestigieux: le CFDA/Vogue Award, autant dire que sa collection était attendue au tournant dans la sphère modeuse. 

 

Ses créations aux influences métissées - on devine l'Inde, l'Italie, la Russie, l'Afrique du Nord - qui défilaient dans une ambiance de souk marocain étaient tout simplement éblouissantes. J'ai vu défiler des robes de gitanes chamoirées parsemées de sequins portées avec des longues cuissardes en cuir aux talons vertigineux, des parkas sombres à l'allure militaire ou encore des petites robes noires à la coupe structurée.


Défilé Altuzarra pour l'hiver 2012-2013.
 
Juste en face de moi: 
Carine Roitfeld, l'ex-rédac' chef du Vogue français et sa fille Julia.
La salle après le défilé.
Chez Altuzarra, plus que chez Diesel, j'ai été particulièrement frappée par le physique des mannequins. Marronnier des journalistes de mode le sujet revient en effet à chaque fashion week que ce soit à Milan, à Paris ou à New York - le débat fait encore rage cette semaine dans la presse us : comment interdire aux tops de moins de 16 ans de monter sur les catwalks? Comment faire en sorte que ceux en dessous de 18 ans ne travaillent après minuit? Comment encourager ces jeunes filles à manger sainement (ou à manger tout court)? Comment atteindre un BMI correct ? Comment éviter qu'elles ne tombent dans le cercle vicieux de l'anorexie,...Toutes ces questions ont surgi dans ma tête en voyant défiler ces créatures toutes plus longilignes les unes que les autres, aux jambes longues comme un dimanche sans fin, aux cuisses aussi minces que des bâtons de berger (la canne pas le saucisson), ces tops modèles ont la taille tellement "corsetée" qu'on se demande si elles arrivent encore à respirer,...Ces filles m'ont paru complètement irréelles, leur visage sans expression, leurs cheveux parfaitement coiffés, leur démarche assurée et chaloupée même avec des talons vertigineux...Une impression évidemment amplifiée par la beauté et l'ambiance magique du défilé d'Altuzarra qui les avait transformées, tour à tour en "Belles de Jour" et en gitanes baroudeuses. Et encore, sur ces photos, je trouve qu'on ne se rend pas bien compte de leur maigreur (c'est une impression perso ou sur photo, on a toujours l'air plus en chair?). Le chemin sera certainement encore long avant que l'industrie de la mode ne mette en place de vraies règles pour encadrer toute cette problématique car comme le déclare elle-même Diane von Furstenberg, la présidente de la Chambre syndicale de la mode américaine (CFDA) dans le New York Times, "des progrès ont été réalisés, mais il y en a encore beaucoup à faire". Allez, pour clotûrer le sujet sur une note plus joyeuse, je vous propose quelques looks post-défilé:



Rencontre incongrue:
dog walker et fashionistas à la sortie du défilé 
Diesel Black Gold.






Eh oui, être fashion c'est parfois avoir des goûts douteux, heureusement pour ce jeune homme qui restera anonyme sur ce blog, le ridicule ne tue pas. Et même si ce sont des slippers (des pantouffles quoi) Stubbs & Wootton déjà repérées aux pieds du rappeur Kanye West, moi je dis, qu'il vaut mieux parfois s'abstenir,...