lundi 30 janvier 2012

Ma copine du Bloomingdale’s m'a écrit une lettre



La missive de Nile et mon concealer.
Niveau marketing, ils sont forts ces Américains. Très forts. A l'heure des mails impersonnels, j'ai eu la surprise (et un certain plaisir j’avoue), de recevoir dans ma boite aux lettres une lettre manuscrite (manuscrite, je souligne) de Nile, employée du grand magasin Bloomingdale'sCette jolie poupée d'1 mètre 75, 32 ans, qui habite dans le Queens "parce que c’est plus humain que Manhattan", a étudié le français à l’école "mais regrette d'avoir tout oublié", "aimerait bien réapprendre avec moi", qui "adore la Belgique et ne comprend vraiment pas pourquoi on appelle nos frites French Fries",… et blablabli et blablabla...est donc dorénavant ma nouvelle consultante beauté attitrée pour la marque Clinique


Depuis que j'ai passé un bout de temps en sa compagnie à tester presque toute la gamme de soins du label de cosmétiques us, me voilà gratifiée d'une "amitié" 100% commerciale, digne d'une mésaventure à la Sophie Kinsella. Le problème, si on peut qualifier cela de "problème", c'est qu'au départ, je venais pour acheter un simple anti-cernes. Après une heure et demi d'agréable papote et d'étalage de fonds de teint, la tête de Nile s’est donc assombrie quand je lui ai annoncé, fière de ma résistance devant autant de tentations, que je n'allais acheter QUE le concealer à...17 dollars. Mais Nile a de la poigne (et surtout travaille à la commission) et n'ayant pu me refourguer le petit panier dans lequel elle avait glissé tous les produits testés que j'avais eu le malheur, par politesse, de plus ou moins apprécier (pour plus de 200 dollars quand même) elle m'a programmé un rendez-vous pour - dixit - "refaire le point sur mes besoins en cosmétiques". Euh, ah oui, euh, d'accord mais je sais pas si dans 3 semaines j'aurai besoin de tous ces produits, moi,...mais avec Nile pas de tergiversation qui compte, le rendez-vous est fixé dans son agenda et no "cancellation policy" qui tienne!


Une semaine après notre rencontre, Nile m'a donc envoyé ce gentil mot pour "me remercier" du bon temps passé ensemble et surtout pour me rappeler notre prochaine entrevue. Bon, faudra encore un peu de temps avant que je ne m'habitue à ce genre de procédé, ce n’est pas en Belgique que la vendeuse du Paris XL va m’envoyer une petite lettre pour me remercier de mes achats et me dire qu'elle se languit de me revoir. Et le pire, c'est que ces pratiques marketing sont certainement efficaces car si je ne vais pas à son rendez-vous, ma nouvelle copine Nile sera fortement déçue et me culpabilisera peut-être dans sa prochaine missive ?! Argh! Oui, Nile, j'arrive, j'ai besoin d'une nouvelle crème hydratante!

jeudi 26 janvier 2012

Being Mrs Dalloway


"Mrs. Dalloway said she would buy the flowers herself. For Lucy had her work cut out for her. The doors would be taken off their hinges; Rumpelmayer's men were coming. And then, thought Clarissa Dalloway, what a morning—fresh as if issued to children on a beach. What a lark! What a plunge! "



Voici l'un des extraits les plus populaires du chef d'oeuvre de Virginia Woolf Mrs Dalloway. A chaque fois que je passe devant le fleuriste du coin de la rue (ouvert, je précise, 24/24, 7/7, pratique si votre ami/mari/amant a une envie urgente de vous offrir des tulipes en pleine nuit), à chaque fois que je vois cet étal rempli de bouquets de fleurs de toutes les variétés et de toutes les couleurs (même des roses turquoise), quelque chose me taraude, une voix lointaine me titille. 



Et aujourd'hui, le penny est tombé. Ces jolis bouquets de pâquerettes, ces "daisies" en anglais, me rappelle cette Mrs Dalloway ou plutôt, son équivalent contemporain dans le roman de Michael Cunningham The Hours. Un roman que je connais presque par coeur car il fut le sujet de mon mémoire de fin d'étude à l'université. L'histoire de Clarissa Vaughan, cette Mrs Dalloway moderne transposée au début des années 2000 commence en effet par une paraphrase de ce célèbre extrait du roman éponyme écrit par Virginia Woolf au milieu des années '20. 

Meryl Streep incarne une Virginia Woolf moderne dans The Hours.
 

Clarissa, jouée par Meryl Streep dans le très bon film inspiré du roman, s'en va un matin acheter des fleurs et se laisse enivrer par l'excitation matinale de Manhattan, quand elle arrive chez le fleuriste, elle s'exclame: "What a thrill, what a shock, to be alive on a morning in June, prosperous, almost scandalously privileged, with a simple errand to run." Et ce fleuriste, il ressemble comme deux goûtes d'eau à celui du coin de ma rue. Mais au fait, quand j'y pense, Mrs Dalloway, c'est un peu moi, "almost scandalously privileged", dans mes errances urbaines, et je vous rassure, la comparaison s'arrête là,..."What a thrill, what a shock!" mais encore, "What a lark! What a plunge!"

* pour la petite histoire tragique, Virginia Woolf était frapadingue, elle entendait des voix, après avoir rempli ses poches de gros cailloux, elle a fini noyée dans une rivière du Sussex.

mercredi 18 janvier 2012

Love is in the Subway

Après la marche à pieds, le métro est pour moi le meilleur moyen de me déplacer dans la Grosse Pomme. Non seulement, il est le transport le plus démocratique (2,25 dollars le trajet), mais aussi le plus rapide, au même prix, le bus en surface avance à la vitesse d’une tondeuse à gazon. Le taxi, à moins d'être plusieurs, est trop cher, et ne pensez même pas pouvoir vous offrir une limo dont les Uppers East Siders de la série Gossip Girl usent et abusent pour se déplacer. Ce réseau de transport souterrain plus que centenaire* est tentaculaire, il traverse tous les quartiers de New York, du Bronx à la pointe de Brooklyn, en épargnant cependant Central Park, desservi, lui, par les bus crosstown. Dans les années ’80, les policiers n’osaient pas y descendre et voyager dans ses rames peintes de centaines de tags (voir une photo glauque ici), la règle d'or à l'époque pour éviter la provocation et les représailles était la suivante: "avoid eye contact!" (Evitez de regarder votre voisin dans les yeux en gros). De nos jours, le subway a bien changé et est devenu un endroit très safe. La plupart des lignes sont en opération 7 jour sur 7 et 24 heures sur 24, on s’y sent en sécurité même en pleine nuit. Le métro new-yorkais est un monde à part dans la jungle urbaine. Véritable kaléidoscope de la diversité ethnique et sociale de New York, il brasse tous les genres, du yuppie tiré à quatre épingles de la ligne A au clodo en guenilles de la ligne 1, en passant par le hipster gay de la ligne L. Ses stations et ses voitures sont souvent animées par des musiciens, sélectionnés lors d’une audition organisée chaque printemps par la MTA (Metropolitan Transport Authority). On peut y croiser tour à tour, dans le brouhaha des passagers et le tohu-bohu des rails, un groupe enjoué de gospel à quatre voix, une harpiste asiatique très concentrée sur ses cordes ou encore un ado danseur de claquettes en sueur. Ce petit film vous donnera une idée des différents genres musicaux expérimentés underground:
 
Le métro est aussi parfois un lieu de rencontre et de drague dans le collé serré quotidien silencieux et puritain, comme le prouve le site subwaycrush, qui propose à ses utilisateurs de mettre en ligne les photos des personnes sur lesquelles ils ont craquées sous-terre. Mais pour moi, la meilleure scène tournée dans le métro new-yorkais est celle du film Shame, elle représente au mieux l’atmosphère à la fois lourde et frivole d’une rame de métro ordinaire et de ce qu’il peut s’y tramer. Bienvenue dans les entrailles de Gotham City et surtout, "stand clear of the closing doors! :-)



*Si le sujet vous passionne, je vous conseille le New York Transit Museum aménagé dans une station hors service de Brooklyn. Il retrace tout l'historique de la construction du métro new-yorkais, on peut aussi monter dans d'anciennes rames à quai et voir l'évolution des tourniquets du début du 20ème siècle à nos jours. Une chouette idée de visite pour les enfants!

jeudi 12 janvier 2012

Pourquoi les New-Yorkaises portent d’horribles bottes de pluie



Lundi, le soleil régnait en maître sur NYC (lire mon post "Mon lundi au soleil" à ce sujet) et ce jeudi, eh ben, il pleut! Au premier petit crachin, les New-Yorkaises sortent leurs bottes. Pas leurs plus belles cuissardes en cuir grainé, non, elles enfilent de "bêtes" et souvent très moches bottes de pluie en caoutchouc. Au début, j'étais sidérée de croiser en rue de nombreuses filles bien lookées massacrant leur silhouette avec ces horribles bottes sans style aux couleurs et aux imprimés hideux (vert bouteille, imprimés léopard, rose bonbon,...). Je ne comprenais pas bien l’utilité de cet accoutrement. Une fois les premières grosses trombes de pluie tombées sur la ville, je me suis vite rendue compte que ces bottes en plastoc', eh bien, j’allais aussi devoir m’y faire. La raison est simple: les rues de NY sont en si piteux état que certains carrefours se tranforment littéralement en Rivière Kwai à la moindre averse. A cause des nombreuses ornières sur les chaussées, les passages pour piétons sont constamment sous eau, et parfois c'est quasiment un mètre de flotte qu'il faut enjamber. D’où l’utilité de porter de bonnes bottes de pluie bien imperméables – réminiscence de mes meilleures années aux Guides Catholiques de Belgique - pour affronter ces ruisseaux urbains et ne pas bousiller ses belles chaussures du dimanche. 


Chausser des bottes de pluie n'est pas une mode mais une nécessité à NYC!
A certains endroits, tout le passage pour piétons est inondé,...mais que fait donc la police? 
Le plus difficile maintenant sera de dégoter LA paire qui fera la différence, à la fois protectrice et élégante (et c'est pas gagné d'avance). Et pourquoi pas celle-ci de la marque DKNY subtilement colorée et inspirée à juste titre de NYC pour combattre la grisaille? "To stay chic whatever the weather" et se prendre pour Gene Kelly dans Singin' in the Rain, le temps d'une bonne "drache". La bonne nouvelle, c'est qu'avec un temps pareil, je ne suis pas nostalgique de mon pays, réputé pour ses journées grises et pluvieuses interminables,...

mardi 10 janvier 2012

Mon lundi au soleil


J'aime New York, et entre autres, pour sa luminosité. Ici, le soleil brille souvent de mille feux et le ciel est la plupart du temps bleu azur. Même en plein hiver, qu'il fasse -10 ou 10 degrés (au fait, en Fahrenheit, ça donne combien ça ?), le soleil donne du baume au coeur. Hier, était pour moi le parfait "lundi au soleil", alors que la majorité des travailleurs étaient "derrière les carreaux" pour reprendre les paroles de ce bon vieux Cloclo, je suis partie me balader le long de la Hudson River, dans Riverside Park, à quelques mètres de l'appart. L'endroit était peu fréquenté en ce début de semaine, j'y ai croisé quelques écureuils gourmands, quelques joggeurs en détox' post-nouvel an, des cyclistes pressés et des dog walkers soucieux. J'aime cette promenade car elle donne directement sur la rivière, on a vue sur l'état du New Jersey sur l'autre rive, accessible via le Washington Bridge que l'on discerne au loin et puis, il y a cette petite marina au niveau du Boat Basin Cafe avec son petit air de Saint Trop'. En me baladant au bord de l'eau, j'aime ressentir cette impression d'espace, bénéfique quand je commence à suffoquer dans les rues animées de Manhattan aux allures de canyons. Et comme à Coney Island, on peut y profiter d'un coucher de soleil qui n'est pas obstrué par les gratte-ciel. Vous l'aurez compris, après Central Park, Riverside Park est mon second refuge quand la Grosse Pomme bourdonne trop dans mes oreilles car n'oubliez pas que je suis une fille de la campagne,... :-)


Riverside Park un lundi après-midi au soleil.
Vue sur le New Jersey.
Promenade le long de l'Hudson avec le Washington Bridge au loin.
La petite marina du Boat Basin Cafe a un petit air de St Trop' .
Joli goeland qui prend un bain de soleil.


Et hop, on se remet la chansonnette dans les oreilles pour le reste de la journée! 

jeudi 5 janvier 2012

Tout pour mon toutou!


Birthday cookie pour toutou.
Alors, qu'avez-vous offert à Rufus ou à Minou pour la Noël? Un délicieux gâteau, de l'huile parfumée pour son poil luisant, une petite veste de pluie avec les bottes cirées assorties ou un abonnement dans un club privé où il pourra se délecter d'un massage reiki ou d'un bain de boue revitalisant? Ne ricanez pas, ces idées de cadeaux ne sont pas si farfelues ici, elles sont même tout à fait normales pour la plupart des New-Yorkais.


Car ce qui frappe le regard - ou attendrit, c’est selon - quand on se balade dans les rues de New York, c’est la multitude de chiens promenés par leur maître ou par des « dog walkers » avec au bout de leurs laisses parfois quatre ou cinq toutous, et parmi eux, des grands, des petits, des rasés, des touffus, des caniches, des bouledogues, des chiuhaha,… Certains sont habillés de petits pulls jacquard, de vestes de pluie et de mini-bottes, d’autres promenés dans de véritables poussettes qui feraient pâlir d’envie le premier chérubin croisé. Visez plutôt; il y aurait 1 million de chiens et 4 millions de chats pour 8 millions de New Yorkais. Ces derniers sont littéralement fous de leurs animaux de compagnie et sont vraiment prêts à tout pour les combler. Certains avancent que la raison à cet engouement animalier vient du fait que NY est la ville comptant le plus de célibataires en mal d'affection au mètre carré. Selon le New York Magazine, un appartement sur deux est occupé par une personne célibataire. Reste à savoir si l’équation chien=célibataire est un baromètre fiable pour faire des rencontres à Central Park. Mais là n'est pas le débat.

Chiots à vendre (600 dollars), euh, à adopter! 
Un peu de cuisine canine.
 

Produits cosmétiques canins.
A New York, le toutou est roi!
A côté des supermarchés que l’on pourrait qualifier de classiques dédiés entièrement à Poupousse et à Médor et remplis de friandises, de joujous et de vêtements, d’autres concepts plus élaborés voient le jour comme des boutiques de luxe tout naturellement implantées parmi les enseignes de grands créateurs de Bleeker Street. Il se murmure qu'on peut y croiser des stars comme Gwyneth Paltrow venue acheter un petit ensemble à son chéri à poils. Dans la vitrine, des chiots de toutes races se chamaillent gaiement sans se soucier des passants attendris qui s'exclament haut et fort: "Oh my God, he is sooooooooooo cuuuuuuuuuuuuute!". On y trouve même des vêtements vintage et une foule d’accessoires fantaisistes pour nos petites bébêtes. A la vue du succès de ces enseignes chic, je comprends mieux l’enthousiasme de marques de luxe comme Gucci, Burberry ou Armani à lancer des collections pour nos amis à poil. Halloween était d'ailleurs une très bonne occasion pour déguiser son chien comme je vous l'ai déjà raconté dans mon post sur la Dog Parade de Thompkins Park.

Petits ensembles chic et canins.
Petits pulls en maille.
Mais rien ne surpasse l’extravagance du nouveau club 100% canin récemment inauguré dans le Financial District, plus précisément dans le quartier de South Street Seaport. Le Fetch Club est tout à la fois boîte de nuit, spa et hôtel pour les fidèles compagnons velus des New-Yorkais, un véritable temple pour les chiens urbains, car selon les créateurs du concept, ceux de Manhattan subiraient plus de stress. Tiens donc, la bonne excuse marketing ! Et pour relaxer tout ce beau monde, les chiens peuvent y danser, manger des hors-d'oeuvres et boire des cocktails et si Toutou rencontre l’âme sœur, il peut même louer une chambre pour 75 dollars la nuit, tout cela sous l’œil bienveillant de son maître grâce à des caméras. Côté spa, le Fetch Club offre manucures, masques de boue, aromathérapie, bains de micro bulles, sauna infra rouge, massages, programme de perte de poids, thérapie électromagnétique pulsée et entraînements sur tapis roulant avec iPads intégrés. Un nouveau spa vient aussi d'ouvrir ses portes Midtown, le New York Nanny propose, lui, des massages reiki et des séances d'acupuncture aux canidés.


Tout ceci démontre donc à quel point les New-Yorkais sont gagas au département canin. Une folie à laquelle j'adhère en fait assez bien, moi qui ai toujours rêvé d'habiller mes chats d'un petit ensemble affriolant. Mes chers félins, si vous me lisez, vous voilà prévenus, à mon retour, je vous offre un joli petit pull rose en tricot assorti de petites chaussettes anti-dérapantes pour vos douces petites papattes velues, je suis certaine que vous allez a-d-o-r-e-r! Miaouw! :-)


Petites chaussettes anti-dérapantes pour Bubu et Lala.
Wouf! Let's get the party started!