mercredi 27 juin 2012

Festival de lucioles à Tompkins Park

Eh bien, vous savez quoi? Je n'avais jamais vu de lucioles de ma vie ! Ou alors, oui, j'en avais peut-être déjà rencontrées dans mon enfance mais je ne me souviens pas d'en avoir vues autant au même moment. Vendredi passé, à Tompkins Square Park dans East Village, nous avons assisté à un spectacle assez hallucinant de dizaines de lucioles qui s'élevaient une à une au-dessus d'une des pelouses du parc public. Selon un biophysicien spécialiste de ce genre de phénomène que j'ai pu interroger sur place, toutes les conditions climatiques - chaleur, humidité, luminosité,...- étaient réunies pour que ces petits insectes que l'on appelle joliment fireflies en anglais puissent illuminer le parc de leur trait fluorescent. Alors, saviez-vous que les lucioles  produisent cette lumière afin de se trouver un compagnon ou une compagne pour l'accouplement? En général, le mâle vole alors que la femelle reste dans l'herbe. Ils émettent un signal spécifique (nombre de clignotements et couleur) pour éviter les rencontres infructueuses avec d'autres espèces de lucioles. Selon Wikipedia, "environ 5000 lucioles sont nécessaires pour produire une lumière équivalente à celle d'une bougie". L'encyclopédie en ligne précise aussi "qu'une présence importante de lucioles est un indicateur de bon état de naturalité de l'environnement nocturne" rajoutant "que le phénomène est devenu très rare hormis dans des lieux éloignés de l'agriculture, des villes, et dépourvus d'éclairage artificiel". Pour le coup, je peux vous assurer qu'en plein Manhattan, avec à quelques mètres de là un rassemblement de travelos qui chantent et qui dansent en prélude de la gay pride annuelle, le phénomène était plutôt inespéré. Pour vous le faire partager, voici une petite vidéo maison, concentrez-vous sur les points lumineux qui s'élancent dans les airs, telles d'élégantes fées clochette!

Ok, la qualité est vraiment m***** mais je peux vous dire que le phénomène n'est pas des plus évidents à mettre en boîte! Il y en a apparemment aussi beaucoup en ce moment près de l'Hudson River, cette vidéo rend heureusement un peu mieux l'ambiance des lieux à la tombée du jour:

lundi 25 juin 2012

Shakespeare dans le parc


En été, à New York, on ne sait vraiment plus où donner de la tête, entre les activités sportives en plein air (Zumba, Pilates, Yoga, Tai Chi, danse,...), les projections de films dans les parcs ou sur des rooftops, les concerts à Central Park et ailleurs, il y a de quoi rêver de jouir d'un don d'ubiquité pour profiter de tout ce programme chargé et se trouver à 2 ou 3 endroits différents en même temps! Le Delacorte Theater propose depuis presque 50 ans Shakespeare in the Park, des pièces de théâtre gratuites en plein Central Park. Les représentations théâtrales sont très courues et il est fréquent de devoir attendre près de 2 heures afin de se procurer des tickets pour la prestation du jour. Un peu plus à l'ouest, dans Riverside Park, une autre compagnie de théâtre propose sa version outdoor du théâtre élisabéthain. The Hudson Warehouse se définit comme "The other free Shakespeare in the Park", la troupe se produit les soirs d'été du jeudi au samedi à 18h30 au pied du Solder's and Sailor's MonumentAu programme de cette saison, trois pièces du célèbre dramaturge anglais: The Comedy of Errors, The Rover et Richard III. 
L'ambiance y est relax et bon enfant, ici, pas de longue file d'attente, les spectateurs s'installent à l'aise sur les marches du grand monument qui surplombe la scène improvisée où évoluent les acteurs ou sur de petits coussinets prêtés généreusement par les organisateurs. Le patio rond a d'ailleurs des allures de Globe Theater, le théâtre londonien où furent jouées de nombreuses pièces de Shakespeare.
Au cours de la pièce, les acteurs en pleine déclamation ont parfois la surprise de voir passer un cycliste ou un dog walker, ce qui fait tout le charme de ce genre d'expérience théâtrale. Il faut plutôt s'accrocher pour comprendre les acteurs et même après avoir étudié de manière intensive la langue de Shakespeare à l'unif' pendant 4 ans, je dois vous avouer que j'étais bien larguée! Mais ne soyez pas rebutés, même si vous ne pigez pas une tirade, vous pourrez toujours admirer le soleil couchant sur l'Hudson à travers les magnifiques arbres du parc ainsi que les somptueuses maisons de Riverside Drive en arrière-plan tout en suivant d'un air amusé les acteurs donner toute leur énergie.
Hudson Warehouse, patio nord du Soldier's and Sailor's Monument, Riverside Park, West 89th Street et Riverside Drive. Prestations en juillet, août, septembre du jeudi au dimanche à 18h30. Programme ICI


mercredi 20 juin 2012

J'ai testé: le yoga matinal sur Times Square

Mercredi 20 juin, 7.30 am, Times Square, déjà 26 degrés et mon défi du jour peut commencer: une heure de yoga au coeur de l'un des endroits les plus animés au monde, entourée de publicités clignotantes, de photographes, de touristes, de taxis et de camions qui klaxonnent et vrombissent,...Des milliers de yogis, débutants ou confirmés se sont donné rendez-vous ce matin pour célébrer le solstice d'été et ils remettent cela ce soir, à 20H30 (eh oui, le soleil se couche beaucoup plus tôt qu'en Belgique à New York). En image, ça donne ça: 

Côté distraction loufoque, j'ai repéré cette pub pour une marque de vodka, mmmh, pas très zen:


 Ou encore cette annonce bien kitsch:


Mais la plus déconcertante est cette vue pigeonnante que je voyais couchée sur mon tapis de sol :-)

Au final, ce ne fut pas trop déplaisant, j'ai surtout adoré encore une fois l'émulation collective et la super ambiance qui émanait du cours, même si on était un peu tous les uns sur les autres, je pense que le défi a été relevé haut la main. Côté concentration, y'a peut-être encore un peu de boulot mais il faut dire que prendre des photos en même temps que faire la salutation au soleil, c'est pas très pratique,...Après le cours, direction le Solstice Village pour faire le plein de freebies, comme on dit ici, c'est-à-dire des gadgets inutiles mais sur lesquels tout le monde se rue, comme un petit bracelet en tissu Athleta, la marque de vêtements de sport qui sponsorise l’évènement entièrement gratuit ou des réductions  pour des cours de yoga. On pouvait aussi y déguster des chips aux lentilles, histoire de reprendre en 5 minutes toutes les calories qu'on venait de brûler en une heure:

...ainsi que manger de l'humus avec des crackers (euh, pas vraiment ma tasse de thé au petit déj'!)
...et se réhydrater, en prévision des presque 100 degrés Fahrenheit attendus ce premier jour d'été, ça commence fort!
Times Square est prêt pour le cours de ce soir qui sera une vraie salutation au soleil couchant. Namaste!

Pour suivre l’évènement en direct:

lundi 18 juin 2012

Du yoga sur Times Square: mission impossible?



Dans la Grosse Pomme, le sport est roi. Celui qui remporte le plus de succès est la course à pieds, les New-Yorkais ont une passion pour le running, qu'il soit pratiqué à Central Park ou sur un tapis roulant d'un centre de fitness. Le marathon de New York est d'ailleurs l'un des plus célèbres de par le monde. Il n'est pas rare non plus de croiser le vendredi soir dans le métro une joggeuse en sueur qui revient de sa course alors que vous, vous revenez du restaurant. Mais à côté de la course à pieds, une multitude d'autres activités sportives se présentent aux habitants: golf, squash et escalade au Chelsea Piers, tennis sur les rives de l'Hudson, freesbee, basket-ball et base-ball sur les terrains publics ou sur les belles pelouses de Central Park.


New York transpire l'émulation sportive. Un bien nécessaire dans cette jungle urbaine qui ne fait pas de cadeaux aux nonchalants, une manière de se défouler et d'extérioriser cette énergie, ce stress permanent. Dans les multiples centres de fitness fleurissent des sports innovants. Pour n'en citer que quelques-uns: le Soul Cycle est une sorte d'aérobic sur un vélo d'intérieur, le Pound Rockout Workout se pratique dans une ambiance rock'n'roll, muni de deux drumsticks, prenez-vous pour le batteur d'un groupe punk, défoulement garanti! Le Hot Yoga se passe, pour sa part, dans une salle surchauffée et très humide pour bien suer. Bien sûr, les personal trainers n'ont jamais eu autant de clients, ils leur concoctent des boot camps (le terme à la mode!) avec sessions d'abdos à 7 heures du mat' dans Central Park ou traversée du pont de Brooklyn au pas de course agrémentée d'une centaine de pompes à mi-parcours. En été, des cours de Zumba, de Pilates (prononcez "Pi –LAH – teez") ou de yoga se donnent "outdoor", en plein air, sur un pier de l'Hudson River caressé par les embruns. Et pour l'anecdote, je peux vous dire que je fais pâle figure en essayant tant bien que mal de synchroniser mes jambes et mes bras sur des airs latinos, entourée de mamas black harlémites qui, elles, ont vraiment le rythme dans la peau!
Zumba sur le Pier 1 de West Harlem.
Pi –LAH – teez  sur l'Hudson.
Mais le défi le plus étonnant, c'est celui qui aura lieu ce mercredi à Times Square, pour célébrer le solstice d'été, des milliers d'adeptes du yoga se donnent rendez-vous pour une heure de méditation dans l'un des endroits les plus bruyants et les plus frénétiques au monde...Eh bien, moi je dis chapeau à celui qui trouvera la paix intérieur dans ce capharnaüm de klaxons, de publicités et de néons! Allez, Namaste!


vendredi 15 juin 2012

New York au ralenti

New York est souvent comparée à une jungle urbaine, aux premiers abords, quand on débarque dans cette ville explosive, on capte très vite cette métaphore. Il n'y a qu'à se balader en plein Midtown Manhattan pour sentir cette énergie dévorante, humer cette compétition permanente émaner de ses passants aux pas rapides. A New York, même quand on n’a pas de deadline ni de timing serré et qu'on désire prendre le temps de flâner un peu, on se sent pousser par ce flux tendu, cette vitesse et on commence, comme tout le monde, à prendre le pli et à accélérer la cadence, à courir tout le temps, à sentir l'adrénaline monter en soi. Vite! monter dans le métro avant que les portes ne se referment et trouver fissa fissa une place assise avant qu'elles ne soient toutes prises, viite commander mon cappuccino car la file s'allonge derrière moi (stress, stress!), viiite passer ma carte de métro dans le tourniquet en priant pour qu'un "SWIPE AGAIN" ne vienne me réprimander car horreur, malheur!, si je ne vois pas le go! vert libérateur s’illuminer, j'entendrai peut-être un pfffffffffffffff exaspéré s'éléver de la file qui se formera très rapidement derrière moi. Viiiite, héler un taxi et sauter dedans avant qu'il ne démarre, viiiiite, réserver une table au restaurant avant qu'il n'y ait deux heures d'attente, viiiiiite commander des places pour un concert en ligne qui sera sold out en à peine 30 secondes (c'est du vécu avec le concert de Radiohead!), viiiiiiite, booker ma place pour le cours de yoga trimestriel avant qu’il ne soit full, etc.,etc.,…Et gare à celui qui perdra un peu trop de temps à chercher sa carte de banque dans son sac devant la caissière du supermarché et gare biss à celui qui ne s’exécutera pas assez rapido pour taper son code lors du payement, car un NEEEEEEEEEXT! tonitruant viendra résonner dans ses oreilles avant même qu'il n'ait eu le temps de prendre ses cliques et ses claques. A New York, et particulièrement à Manhattan, la nonchalance n'est pas tendance, honte à celui qui traîne la patte! Cette ville n'est décidément pas de tout repos, pas de farniente qui compte ici. Dans la Grosse Pomme, la loi de Darwin prend ton son sens, c'est la "struggle for life" quotidienne. Eh oui, c'est la guerre, la fight, pour les petites choses du quotidien comme jouer des coudes pour se faire une place dans une rame de métro en surcapacité ou acheter LE dernier jeans en méga solde chez Macy's. Mais c'est aussi la guerre concernant les décisions plus importantes de la vie: trouver un job et le garder plus que 6 mois, trouver un appart une chambre à moins de 2000 dollars dans un quartier sympa, dégoter une baby sitter, une crèche et une école qui ne sont pas hors de prix pour les enfants,...Heureusement, nous pouvons parfois jouir de période de répit dans cette bataille, souvent interrompue par des petites gestes de solidarité, que ce soit envers un touriste perdu dans le métro, une mère de famille qui peine à porter la poussette de son bébé ou encore un SDF affamé. Il n'en est que New York reste pour moi une ville de winners qui ont les moyens de se l'offrir. Gotham city n'a pas de pitié pour ceux qui n'arrivent pas à s'adapter à son rythme. C'est pour toutes ces raisons que j'apprécie particulièrement cette petite vidéo qui présente un New York au ralenti. Alors, pour résumer, mon slogan du jour sera le suivant: "relax and take it easy!"

lundi 11 juin 2012

Playa de New York!


Quand on habite en plein coeur de Manhattan, on oublie parfois qu'on vit au milieu d'une île mais il suffit de rejoindre les bords de l'Hudson River, de l'East River ou le South Street Port pour se rappeler que les eaux nous encerclent. Quand la ville se transforme en fournaise et qu'on a envie de prendre le large, direction la playa! L'état de New York en recèle de magnifiques, elles sont accessibles en subway ou en train. Depuis l'ouverture de la saison estivale, nous en avons déjà testé deux. Celle de Coney Island tout d'abord est la plus proche, elle est située dans le sud de Brooklyn, on l'atteint en à peine 40 minutes en prenant le subway à partir de Midtown Manhattan. Si vous avez bien suivi ce blog, vous devez vous en souvenir, on était déjà allé y faire un petit tour en novembre, l'ambiance est bien sûr très différente en haute saison. On y trouve des attractions foraines, dont l'historique Cyclone, l'une des plus vieilles montagnes russes en bois du pays, inscrite au patrimoine historique de la ville, elle fête ses 85 ans cette année. Elle est aussi certainement la plus violente, car j'en suis ressortie avec des bleus à la cheville et en ayant l'impression d'avoir vécu les plus longues secondes de ma vie! Ames sensibles et cardiaques s'abstenir!

La preuve en vidéo:
 
Plus loin, à environ 2 heures de train de Manhattan se trouvent les magnifiques plages de Fire Island. Il existe des packages d'excursion train+ferry+taxi en vente à la gare de PennStation. On arrive donc en bateau sur cette longue et très étroite bande de terre en face de Long Island interdite aux voitures qui se dévoile à la fois sauvage ou plus animée selon l'endroit choisi. De coquettes maison en bois similaires à celles que le peintre new-yorkais Edward Hopper prenaient comme modèles se dressent le long du bord de mer. Notre spot préféré est Watch Hill, une réserve naturelle à l'état quasi sauvage dont les dunes sont traversées d'agréables petites trails qui mènent aux longues plages de sable fin presque désertes. On y a passé un Memorial Day mémorable (excusez le jeu de mots bidon) loin de la foule, à se dorer la pilule, à se jeter dans les vagues et à jouer au frisbee. Jugez plutôt ci-dessous:


Pour un autre compte-rendu de cette journée passée à la plage et plus d'images, filez sur le blog Curiosités et Futilités!

mardi 5 juin 2012

Flânerie impressionniste au jardin botanique du Bronx

L'artiste impressionniste français Claude Monet le disait lui-même, s'il n'avait pas été peintre, il aurait été botaniste, son luxuriant jardin de Giverny en Haute-Normandie dont les odeurs et les couleurs variées étaient ses principales sources d'inspiration pour ses tableaux en est la plus belle preuve. Pour les amateurs de peinture et de fleurs, l'exposition Monet's Gardens présentée au jardin botanique du Bronx vaut vraiment le déplacement. La propriété du peintre talentueux avec son célèbre petit pont japonais en bois vert et ses allées bordées de capucines et de roses y a été reconstituée dans la grande serre Enid A. Haupt.
« Je dois peut-être aux fleurs d’avoir été peintre. »
Claude Monet

A côté de cette reconstitution idyllique, deux de ses magnifiques peintures, dont une jamais dévoilée aux Etats-Unis, sont exposées un peu plus loin à la Rondina Gallery. Ces deux oeuvres sont accompagnées d'explications sur la manière dont Monet a constitué au fil des années son immense jardin. 

Monet dans son jardin.
On y découvre le personnage excentrique derrière la palette et quelques anecdotes. L'artiste fortuné a ainsi fait des pieds et des mains pour acheter la route communale qui traversait sa propriété pour éviter que de la poussière ne vienne se déposer dans son jardin d'eau où se déployaient ses nymphéas, "les fééries de son étang". Tous les hivers, il demandait à un de ses nombreux jardiniers de retirer les plantes une à une du point d'eau pour ne pas qu'elles s’abîment. Ou encore, chaque matin, un jardinier devait humidifier les feuilles de nymphéas afin qu'elles brillent au soleil tandis qu’un autre employé était chargé d'enlever chaque feuille morte pour que le jardin reste d'une beauté parfaite.
L'étang adjacent aux serres ou se déploient les nymphéas.
Carte de la propriété de Monet à Giverny.
L'exposition se prolonge jusqu'à l’automne, l'occasion de voir l'évolution de la floraison des plantes et surtout d'admirer de magnifiques nymphéas (apellées aussi joliment en anglais water lilies) éclore de toute leur splendeur dans le grand bassin. (Re)venez-y en plein été, c'est apparamment à cette période que le tableau est à son apogée. Terminez votre visite par un petit tour au magasin du jardin botanique, très bien fourni en plantes, en petit matériel de jardinage et en décoration d'intérieur. On peut même y acheter une réplique d'un banc à la Monet pour la modique somme de...3500 dollars (eh oui, ils ne perdent pas le sens des affaires les Américains!).
Monet Bench.
Chat se baladant au milieu des allées fleuries de Giverny.
Monet’s Garden. The New York Botanical Garden. 2900 South Southern Boulevard.  Du 19 mai au 21 octobre 2012. Entrée: 20 dollars. Plus d'informations ICI.