mardi 25 septembre 2012

Les travers de la blogosphère


Je fais ici une petite parenthèse dans la découverte de la Grosse Pomme pour vous parler d'un coup de cœur BD qui parlera particulièrement à tous mes confrères/consoeurs blogueurs/blogueuses qui me suivent. Il s'agit du tout nouveau tome du Français Bastien Vivès tiré de son propre blog et intitulé à juste titre La blogosphère.  Cette BD décrit avec plein d’humour et une bonne dose d'ironie ce monde virtuel à part entière, cette micro-société régie par ses propres codes et peuplée d’énergumènes hyperconnectés, jonglant au quotidien avec Facebook, Twitter ou encore Instagram. En tant que blogueuse fraîchement débarquée sur la Toile (mon blog soufflera bientôt sa première bougie), j’ai vraiment bien rigolé en me reconnaissant dans certains aspects abordés. Vivès saisit parfaitement de son trait de crayon raffiné les différents styles de blogueurs (particulièrement BD) de l'ado scotché 24/24 à son ordi à la trentenaire en crise qui pousse des coups de gueule via des esquisses délirantes (Margaux Motin et Penelope Bagieu en prennent d'ailleurs  pour leur grade!).  Ce jeune auteur talentueux a déjà sorti d'autres thèmes dans la même collection (le Jeu Vidéo, l'Amour et la Famille) et avec son magnifique roman graphique le Goût du Chlore, il a reçu en 2009 le Prix de la Révélation au  festival d'Angoulème. Pendant quelques mois, il a aussi contribué à une "bédénovela" sur ce blog, sa BD Polina est également très touchante. Un auteur dont je vous conseille chaudement la découverte, que vous soyez blogueur ou  pas ! 
Je fais un petit addendum à ce post car je viens de découvrir les notes du très bon Boulet (ce qui me permet par la même occasion de garder ma ligne éditoriale sur NYC, sérieux ici, hein!). Boulet, donc, qui dépeint de façon très cocasse sa visite dans la Grosse Pomme. A lire ici et ici!

La Blogosphère, Bastien Vivès, Éditions Delcourt, collection Shampooing, 2012.
Notes 7-Formicapunk, Boulet, Éditions Delcourt, collection Shampooing, 2012.

jeudi 20 septembre 2012

Airbnb, en vacances chez l'habitant

Tout au long de cette année passée à NYC, j'ai reçu plusieurs mails de personnes désirant "des conseils pour se loger pas cher dans la Grosse Pomme". La colle! J'aurais bien aimé pouvoir les aider mais vu que notre appartement nous attendait à notre arrivée, nous n'avons jamais dû vraiment nous casser la tête pour trouver des hôtels à petits prix. La plupart de nos amis ont dormi chez nous (au pied de notre lit) et nos parents venus nous rendre visite au printemps avaient, de leur côté, réservé cet hôtel assez haut de gamme de l'Upper West Side. Résultat: je n'arrivais pas à renseigner à mes contacts des adresses sympas et pas trop chers à Manhattan. En règle général, je préviens donc les futurs visiteurs en quête de bons plans en leur disant, qu'à NYC, ils doivent s'attendre à payer au minimum 100 dollars pour une chambre double dans un hôtel basique, voire une auberge YMCA (en dortoir, cela tourne aux alentours des 50 dollars mais c'est une toute autre expérience,...) Alors, quand quelqu'un me pose cette question, ma meilleure réponse, c'est de lui proposer d'aller jeter un oeil sur le site de location de chambres et d'appartements de particulier à particulier nommé Airbnb. Ce site cartonne aux Etats-Unis et son succès devient mondial. Le principe est simple: des milliers de personnes de par le monde louent pour quelques jours ou quelques mois leur chambre d'ami inoccupée (voire leur appartement entier lors d'une absence prolongée) aux personnes de passage dans leur ville. Lors de notre voyage à Chicago et sur la côte Ouest, nous avons décidé de réserver nos logements exclusivement via ce site au modèle de réseau social qui pourrait être comparé à du Coach Surfing de luxe. Nous n'avons pas été déçus, les endroits étaient fidèles aux photos et nos hôtes étaient très accueillants. Cette formule nous a permis de découvrir le vrai American way of life. A San Luis Obispo, par exemple, notre étape entre San Francisco et Los Angeles, nous avons dormi dans une de ces Little boxes dignes d'un épisode de la série Weeds, accueillis par des personnes adorables qui, au petit-déjeuner, nous ont refilé plein de bons tuyaux pour découvrir leur région.
Little Box à San Luis Obispo.

A Chicago, nous avons été accueillis par un adorable chat, résident d'un appartement idéalement situé dans le quartier des galeries de la ville, à 20 minutes à pieds du centre et à quelques minutes du Loop.
A San Francisco, nous avons séjourné dans une chambre privative au rez-de-chaussée d'une grande maison familiale de Noe Valley (lisez sa description sur le site ici), un quartier calme et familial situé à 20 minutes en tram du centre ville. Notre chambre donnait sur un magnifique jardin. 
Dans la Cité des Anges, nous avions loué un appartement entier situé à l'arrière d'une maison de Silver Lake, quartier d'artistes et de hipsters surnommé d'ailleurs "le Williamsburg du sud". Skye, la propriétaire nous avait laissé son appartement tel quel, comme si elle avait laissé ses clefs la veille à des amis. Ses vêtements pendaient dans sa garde-robe, ses bouquins étaient à disposition,...Nous avons de la sorte pu expérimenter un accueil totalement différent de celui que nous aurions eu dans une chambre d'hôtel plus impersonnelle (et cela plus qu'à moitié prix), nous nous sommes immédiatement sentis comme de vrais Californiens, en découvrant un quartier moins touristique et ses bonnes adresses. 
 
L'idée des concepteurs de la start-up est en somme assez simple mais des plus ingénieuses. Son succès réside dans sa convivialité et sa facilité d'utilisation. Les personnes qui louent leur bien sont mises en contact avec les potentiels locataires, les deux parties sont invitées à se présenter et à dialoguer avant toute réservation. Aucun échange d'argent ne se fait de main à main, tout est réglé à l'avance via le portail de paiement sécurisé, cet aspect peut être vu comme un détail mais dans la réalité, ce système rend les échanges beaucoup plus légers, comme si on était vraiment accueillis chez des amis. Une manière de voyager que je vous recommande vivement. En Europe, les offres de logement augmentent de jour en jour. En faisant une recherche sur la Belgique, on trouve des endroits très cosy à Bruges ou au coeur de la capitale, à tester!

08/10: Petite Update: je viens de découvrir le site House Trip, qui est l'équivalent de AirBnB en Europe, reste plus qu'à tester!

vendredi 14 septembre 2012

Opération Moving Sale

Petite affiche maison pour notre moving sale.
Ah, je vous raconte pas, qu'est-ce qu'on peut bien accumuler comme "brol" en une petite année dans un minuscule appartement new-yorkais! Pour notre retour en Belgique, comme je vous l'ai déjà expliqué, il n'était pas question de ramener trop de choses superflues dans nos bagages (non, des chaussures et des livres de recettes de cupcakes, ça ne compte pas dans la catégorie "choses superflues"). Notre objectif après avoir fait le tri: vendre, donner et au pire, jeter mais en évitant au maximum cette solution. On a eu la chance de vendre une grande partie de notre mobilier à la personne qui reprenait notre appartement. On lui a donc refilé pour quelques dollars notre table à manger, notre bureau, des chaises, un radiateur électrique,...Des amis restés sur place ont également récupéré l'une ou l'autre chose et nous ont gentiment gardé ce qui ne rentrait pas dans les valises. Un dernier visiteur belge a aussi eu la mission de ramener une petite dizaine de kilos dans ses bagages, encore merci au passage à notre petite mule qui s'est presque déboîtée l'épaule en portant tous ces livres et quasiment toutes mes chaussures :-)

Deuxième étape: organiser une moving sale, tradition de tout déménagement américain dont le principe est similaire à une garage sale. Une moving sale consiste donc à réaliser une jolie petite annonce répertoriant toutes les babioles dont on veut se débarrasser pour quelques cents (ou plus) et à les coller dans le quartier afin d'inviter nos voisins à s'équiper à bon prix (voire gratos). Un autre moyen de communication est le site de débrouille Craigslist où l'on peut publier gratuitement sa petite annonce dans la catégorie Garage Sale et/ou Furniture, mais par ce biais, je n'ai reçu que des appels de brocanteurs chinois qui me demandaient si j'avais des bijoux à vendre et des meubles anciens (et une statue antique aussi peut-être?). Sachez aussi qu'il est assez déprimant de voir son annonce inondée en à peine 30 secondes par des dizaines, voire des centaines d'autres annonces du même genre, mais bon, au moins, on aura essayé de ce côté là,...Grâce à mes petites affichettes maison au graphisme plus que basique, nos deux poubelles, notre panier à linge, quelques verres sont partis mais on avait encore pas mal de choses sur le dos, dont un gros morceau: notre lit double. 

Je peux maintenant vous déclarer que vendre un lit quasiment neuf à NYC est une mission impossible. L'Armée du Salut et Housing Works, une autre oeuvre caritative du quartier, n'en voulaient pas, même gratuitement, la raison invoquée: la peur des bedbugs, ces puces de lit qui font la terreur des New-Yorkais depuis qu'elles ont envahi en force NYC (cette carte montre leur effrayante invasion). Ces parasites qu'on peut se chopper en prenant le métro, en allant au restaurant ou en s'asseyant dans un fauteuil de cinéma envahissent les appartements, se glissent dans les vêtements, les matelas et pour s'en débarrasser, il faut faire appel à un spécialiste, et, vous vous en doutez, sa facture sera très salée. Une légende urbaine raconte même qu'il faut brûler tout ce qui a été contaminé dans un appartement pour complètement les exterminer. Après avoir contacté d'autres oeuvres de bienfaisance, j'ai enfin reçu une réponse positive des services sociaux de la ville de NYC qui étaient prêts à venir chercher notre lit le jour avant notre départ, j'étais plutôt soulagée car j'aurais trouvé dommage de le jeter à la rue (je comprends maintenant pourquoi les trottoirs de NY sont jonchés de matelas et de lits). Je suis alors allée donner tasses, assiettes, verres et autres ustensiles de cuisine chez Housing Works, une association qui vient en aide aux personnes démunies atteintes du sida, j'ai donné magazines et autres livres au vendeur ambulant du coin la rue qui en récoltera quelques dollars. En résumé, on a évité au maximum de jeter ce qui était utile aux personnes dans le besoin. A NYC, ce ne sont pas les associations qui manquent (voir la liste icipour récupérer ce genre de matériel, il y a tellement de personnes démunies que cela vaut la peine de faire l'effort de les aider un minimum, à notre petite échelle. Alors, chers lecteurs new-yorkais, avant de déposer vos meubles sur le trottoir lors de votre prochain déménagement, pensez à ces alternatives solidaires. 

dimanche 9 septembre 2012

Flânerie urbaine dans le Downtown historique de L.A



J'avais dû lire dans un guide ou l'autre que le centre de L.A, "Downtown" pour les autochtones, était sans intérêt et qu'il ne valait mieux pas trop y traîner vu son insécurité. Eh bien, j'ai eu tort de croire à ses préjugés car sa découverte pédestre fut une vraie surprise. Je vous emmène pour une petite balade dans l'un des plus beaux coins du L.A historique. On commence par El Pueblo, le berceau de la ville. Même si la rue Olvera est devenue trop touristique, la petite place juste à côté donne une idée du style de l'époque.
Olvera Street et ses nombreuses échoppes de souvenirs.
Un peu plus loin, la très jolie Union Station dans le pur style colonial renvoie à une autre époque où la voiture n'était pas encore reine sur les highways à 12 bandes. J'ai adoré les gros sièges en cuir qui trônent depuis des décennies dans la salle d'attente ainsi que la grande salle des pas perdus aux magnifiques plafonds en bois.
Une impressionnante autoroute située juste à côté de la gare lui rappelle ironiquement qu'elle a perdu en partie de son utilité dans la ville où la voiture est reine.
City Hall, l'hôtel de ville, est l'un des bâtiments les plus célèbres. A l'origine, aucun bâtiment ne pouvait le dépasser en hauteur, il est maintenant entouré d'autres gratte-ciel.
Au détour d'une rue, on découvre des petites merveilles, comme le Bradbury Building, l'un des plus anciens bâtiments commercial de L.A qui dévoile une court intérieur au style victorien. Il comporte de magnifiques ascenseurs en fonte à poulies. Les regarder monter et descendre bouche bée procure un effet hypnotique. L'endroit a été le décor de nombreux films hollywoodiens.

Autrefois, tout comme à NY, l'artère de Broadway était peuplée de nombreux cinémas et était le centre culturel de la ville, jusqu'à ce que toute cette activité déménage sur Hollywood Boulevard laissant des dizaines de cinémas à l'abandon. 
Le Million Dollar Theater,
le premier mais aussi l'un des derniers cinémas de Broadway.

Pour se sustenter, un petit tour au Grand Central Market où plus de 50 échoppes proposent poissons, fruits et légumes, cafés,...
Angels Flight est une attraction assez insolite du centre qui nous a bien amusés. En quelques secondes et pour seulement 50 cents, cfuniculaire nous a emmenés à Hill Street. 
Pour le coup, c'était vraiment juste pour le fun car, une fois en haut, on a quand même dû redescendre la petite colline à pieds pour continuer la visite. Comme j'adore découvrir les grands hôtels en rêvant d'un jour y passer une nuit (ou plus), on a flâné dans le fastueux Millennium Biltmore Hotel qui accueillait auparavant la cérémonie des Oscars avant qu'Hollywood Boulevard ne lui pique la vedette. 
Le grand lobby m'inspire quelques pas de valse. :-)
 
N'allez toutefois pas croire tout est rose et safe dans ce coin de la ville en pleine redynamisation. Des dizaines de SDF squattent une place publique juste à côté de l'hôtel, surveillé par des policiers armés jusqu'aux dents. En fin de journée, mieux vaut ne pas trop traîner dans certaines rues, au risque de faire de mauvaises rencontres.

Bye bye L.A et LITTLE spider, back to NYC now!

PS: j'ai trouvé cette promenade urbaine sur le très chouette site DowntownLawalks qui propose plein d'itinéraires dans les autres districts de la ville. 

Lisez aussi les autres parties du voyage:

Chicago

San Francisco

La Route 1 

Los Angeles (part 1)

Los Angeles (part 2)

Et découvrez d'autres photos de notre voyage sur le blog Bazaraudiovisuel.

dimanche 2 septembre 2012

Los Angeles, mégapole de tous les contrastes


Je vous l'expliquais dans mon premier post consacré à son architecture, Los Angeles est une ville de contrastes. J'ai découvert avec un certain étonnement des facettes méconnues de cette mégapole californienne que l'on s'imagine avant tout fastueuse. Mais L.A, ce n'est pas que du bling bling sur Hollywood Boulevard et de la frime à Bel Air, non, au fur et à mesure que l'on parcourt cette ville, on y découvre de très grandes inégalités. J'ai ainsi été frappée par le grand contraste entre le nord de la ville et ses quartiers très luxueux (Bel Air, Beverly Hills,...) et le sud de L.A, qui prend presque à certains endroits des airs de favelas. Sur le  chemin de l'aéroport, j'ai aperçu des gosses jouer dans de minuscules jardins enjambés par des bretelles d'autoroutes sombres et tentaculaires, les motels sont plus pourris les uns que les autres, les maisons en bois sont défraîchies et il y règne une ambiance lourde.
Certains cinéphiles reconnaîtront le drive in du film Mulholland Drive.

Motel de South LA.
En comparaison, deux luxueuses propriétés de Beverly Hills.
 
Mulholland Drive.
Luxueuse propriété de Mulholland Drive.
Venice Beach, lieux de tournage de nombreux films et séries télévisées (dont Alerte à Malibu), présente aussi deux faces. Sa plage et son très photogénique Skate Park est le terrain de jeux de talentueux skaters mais aussi l'endroit où trainent de nombreux marginaux, l'ambiance y est plutôt glauque en soirée.
Venice Beach.

Par une entourloupe, il est même possible de s'y procurer de la marijuana de façon "plus ou moins" légale. Je vous rassure, on a pas testé! :-)

Alors qu'à quelques mètres de là, un peu en retrait, on assiste à une changement de décor, des maisons luxueuses au design varié s'alignent sur des canaux, reconstitués sur le modèle de la Venise italienne en 1905 par le milliardaire Abbot Kinney. A l'époque, il y a même importé des gondoles typiques de cette ville dont il était tombé amoureux.
Pour clôturer ce second article consacré à L.A, je vous propose cette vidéo découverte via le très chouette blog Ma Vie à Los Angeles, il donne une idée de l'ampleur de cette mégapole, dans tous les sens du terme:


Dans mon prochain post, je vous emmène en balade dans le Downtown historique de L.A.
Jetez aussi un coup d'oeil sur les photos de BazaraudiovisuelLisez mon compte-rendu sur l'architecture de Los Angeles, Chicago, San Francisco et la côte pacifique.