dimanche 6 janvier 2013

Revue de lectures new-yorkaises pour une bonne année littéraire

Lors de mon séjour outre-Atlantique, je m'étais donné comme credo de ne lire que des romans en rapport avec New York. Et des histoires sur Big Apple, je peux vous dire qu'il y en a à la pelle, des daubes comme des perles. Voici une première petite liste de lecture -  en anglais dans le texte SVP - pour vous inspirer. Ces romans sont disponibles pour la plupart en VF (et comme je suis gentille, je vous mets le titre français à chaque fois en bonus) et certains sont même téléchargeables sur e-book, à vos Kindles!

Sunset Park, Paul Auster

Je l'avoue d'emblée, j'ai d’abord été séduite par le titre de ce roman, qui n’est autre que le nom d'un très agréable parc multiculturel de Brooklyn, que j'ai eu l'occasion de visiter. Evidemment, quand on choisit un roman du grand Paul Auster, on ne peut pas être déçue. Et de fait, l'histoire pleine de mélancolie de cette communauté de jeunes adultes qui squattent une maison brownstone située aux abords de ce parc aux accents hispaniques est prenante. Ces jeunes-là, comme des milliers d'autres à New York, triment pour s'y faire une petite place à hauteur de leurs ambitions. Un roman révélateur des difficultés de cette génération désenchantée qu'on nomme dorénavant Y et qui est d'ailleurs très bien dépeinte dans la très chouette série Girls d'HBO, dont j'attends la seconde saison avec impatience. (VF: Sunset Park)

The Good Life, Jay McInerney

La littérature anglo-saxonne post-11 septembre est prolifique. Dans cette veine, j'avais déjà lu The Emperor's Children de Claire Messud ainsi que Falling Man de Don DeLillo, ou encore  Cosmopolis porté dernièrement à l'écran avec le mystérieux Robert Pattinson. Les deux premiers m'avaient passionnée mais j'avais trouvé Cosmopolis rebutant (je me suis même endormie devant le film!). Dans son livre The Good Life, Jay McInerney étale au grand jour l'impact des attentats sur les méandres des relations humaines. Très bien renseigné sur la vie quotidienne des bénévoles oeuvrant dans le périmètre maudit du Financial District, il nous fait revivre les jours et les semaines lugubres qui ont suivi le chaos de façon très réaliste, mettant en lumière la remise en question de deux couples dont la vie, comme celle de nombreux New-Yorkais, a été bouleversée par ces événements gravés à jamais dans leur histoire. (VF: La Belle Vie)

Freedom, Jonathan Franzen

Freedom est de loin mon roman préféré lu au tout début de mon séjour à NY, c'est peut-être aussi pour cela qu'il m'a tant marquée. Acclamé par la critique après la parution de son best seller Les Corrections, Franzen réitère là un chef-d'oeuvre de littérature. Et quand un roman me cale une boule dans la gorge et me fait presque venir la larme à l'oeil, c'est qu'il est bon, très bon, le genre de roman qu'on voudrait avoir plus souvent entre les mains et qu'on regrette d'avoir fini dès la dernière page tournée. Si son histoire ne se passe que très peu à New York, elle dresse toutefois le portrait d'une Amérique emplie de désillusions sur fond d'intrigue politico-écologique, avec, en bonus, la dissection psychologique du désastre des relations familiales et le naufrage mélodramatique d'un couple. En anglais, un adjectif qualifie parfaitement la façon dont un roman peut bouleverser son lecteur: moving et ce livre-là, il m'a vraiment remuée. (VF: Freedom)
 
The Job, Douglas Kennedy 

Je l'aime bien, moi, Douglas Kennedy, quand je lis ses romans, je retrouve une ambiance familière, je me sens lovée comme dans un cocon, sans devoir faire trop d'efforts de concentration car son anglais est assez simple (à l'opposé de Franzen, avec lui, il faut s'accrocher!). The Job change un peu des autres histoires d'amour neuneu que j'avais déjà pu lire de cet auteur à succès Manhattanite. Il aborde le monde cruel du travail dans la Grosse Pomme, la chute d'un employé jusqu'à sa rédemption, mêlée évidemment, puisque c'est quand même le fond de commerce de ce cher Douglas, à une histoire de couple tourmentée. J'en suis même venue à presque rater mon arrêt de métro tellement j'étais prise par l'intrigue. (VF: Les Désarrois de Ned Allen).

The History of Love et Extremely Loud and Incredibly Close, Nicole Krauss, Jonathan Safran Foer

Je vous ai déjà parlé du Golden Litterary Couple que forment les trentenaires Nicole Krauss et Jonathan Safran Foer, ces deux-là sont aussi très forts pour parler de leur New York sous des angles variés. Pour en savoir plus sur les deux romans acclamés par la critique The History of Love et Extremely Loud and Incredibly Close (et dont les thèmes sont étrangement similaires), cliquez ICI. (VF: L'Histoire de l'amour et Extrêmement fort et incroyablement près)

By Nightfall, Michael Cunningham

Michael Cunningham est un de mes auteurs fétiches depuis que j’ai disséqué dans le cadre de mon mémoire de fin d’études en Philo et Lettres son magnifique roman The Hours qui entremêle les vies tourmentées de trois femmes merveilleuses à travers trois époques et qui nous fait également revivre la folie de Virginia Woolf à la fin de sa vie. L'amour de Michael Cunningham pour la célèbre romancière anglaise des années '30 transparaît dans son style saccadé propre au stream of consciousness de l'époque. Son roman By Nightfall aborde la midlife crisis d’un couple désabusé de New-Yorkais, Peter et Rebecca, dont le quotidien va être bouleversé par l'intrusion dans leur intimité du petit frère de 23 ans de Rebecca. Un roman qui parle des désillusions de la vie mais dont le message est aussi qu'à tout âge, tout reste possible.
(VF: Crépuscule)
Gone Girl, Gillian Flynn

Gone Girl est l'exception à la règle que je m'étais donnée car l'intrigue de ce roman ne se passe pas à NY. Il met toutefois en scène un couple de riches New-Yorkais, Nick et Amy. Ces derniers ayant perdu  leur boulot respectif se voient obligés de quitter leur vie de citadins nantis. Ce thriller fut une excellente surprise. La Gone Girl en question de l'histoire, c’est donc Amy. Cette  quadra, un brin dépressive d’avoir dû quitter l'excitation et les fastes de la Grosse Pomme, ne s’est jamais vraiment adaptée à la vie en province. Un jour, Amy disparaît. Il s’ensuit alors une quête à rebondissements. Le plus haletant dans ce thriller psychologique, c’est la manière dont l'auteur se joue du lecteur, ce dernier est embarqué dans les pensées de chacun des protagonistes jusqu’à en venir à douter de tout, et à se demander "mais qui est le plus fou dans toute cette histoire ?" Gone Girl m’a tenue en haleine du début à la fin, l’intrigue est vraiment bien ficelée, il n’y a aucun temps mort et on en vient même à se demander qui de Amy ou de son mari Nick - le premier suspect dans sa disparition - est le plus tordu. Le genre de livres qui me fait penser à cette maxime de notre bon vieux JCVD national: "Selon les statistiques, il y a une personne sur cinq qui est déséquilibrée. S'il y a 4 personnes autour de toi et qu'elles te semblent normales, c'est pas bon." Après avoir lu ce roman flippant, vous ferez plus attention aux psychopathes insoupçonnés autour de vous ! (VF: Les Apparences)

A New York, sachez que les tentations littéraires sont nombreuses, les best sellers, les ouvrages  insolites, les bouquins de recettes, les guides de voyage, les beaux recueils photographiques ou encore les mignons livres de contines pour enfants font de l'oeil aux passants dans les vitrines des bookshops (un vrai faux-ami à ne pas confondre avec library qui signifie bibliothèque). Etant passionnée de littérature, j'adore flâner dans les librairies Barnes and Noble (l'équivalent de notre FNAC ou des WHSmith britanniques) et sutout celles de la Columbia University ou de la NYU ou dans cette librairie de Bleecker Street appelée BookBook où l'on trouve de nombreux best sellers à moitié prix qui débordent sur le trottoir (c'est là que j'ai dégoté le dernier Siri Hustvedt à 6 dollars au lieu de 14). Dans les rues, des petits vendeurs proposent également des livres de seconde main, en fouillant un peu, on peut trouver des romans récents souvent à moins de 2 dollars, impossible d'y résister même après avoir acquis un Kindle (et on se posera après la question de savoir si cela rentre dans les valises du retour)! La référence des New-Yorkais en termes de bouquins d'occasion est l'immense librairie Strand, près d'Union Square. Et vu qu'un début d'année est traditionnellement l'occasion de prendre de bonnes résolutions, l'une d'entre elles sera pour moi de dévorer les bouquins encore non lus sur la photo ci-dessus (j'ai bien essayé de commencer celui de Jonathan Lethem mais j'ai été un peu découragée par le style assez ardu). J'espère venir à bout d'une bonne partie de cette pile avant la fin de l'année. Je ne manquerai pas de vous faire part de mes impressions dans une deuxième revue de mes lectures. Sur ce, excellente année littéraire!

NB: ces recommandations de lectures me font un peu rattraper l'expérience littéraire désastreuse du très mauvais Fifty Shade of Grey que j'avais lu par pure curiosité cet été (si si, retranchée discrètement derrière mon Kindle). Lisez mon post à ce sujet (le plus lu en 2012 sur le blog!) ICI.

5 commentaires:

Jeanne a dit…

Il y en a quelques uns que je n'ai pas encore lu dans cette petite liste! Mais il me faudrait une double vie pour avoir le temps de lire tous les bouquins qui me font de l'oeil! Frustrant!

Maite Celayeta a dit…

Tres tentants...merci little caro!

Little caro a dit…

En effet! Je pense qu'il me faudra une deuxième année sabbatique pour lire tout ça! :))

americanosity a dit…

Je ne saias pas si tu l'as lu mais Brooklyn Follies de Paul Auster est vraiment intéressant ! ( The New York Trilogy aussi...enfin tout Paul Auster quoi :)

Little Caro in Big Apple a dit…

il est aussi sur ma (longue) liste de lecture celui-là! rien que le titre donne déjà envie de lire!