jeudi 31 janvier 2013

New York et moi, un carnet de voyage illustré plein de sensibilité

Check! Check! Check!  Voilà ce que je me suis répété, un sourire de connivence au coin des lèvres, en tournant les pages du très agréable carnet de voyage illustré de Soledad Bravi sorti à l'automne dernier.  Le délicieux hamburger du Shake Shack de Madison Square...Check! L'historique Flatiron Building, la romantique Frick Collection, l'ovoïdal Guggenheim, le blinquant Chrysler et ses gargouilles...Check! Le branché Meatpacking District...Check! Le paradis du jouet F.A.O Schwarz, le métro bruyant et multiculturel, l'éblouissant Times Square et les écureuils dodus de Washington Square, la vue sur Manhattan de la Circle Line, la pause manucure au nail shop, le vent piquant des grandes artères,...Check! Check! Check! 

L'illustratrice française célèbre grâce à ses dessins réalisés pour la série à succès Les Paresseuses et le magazine ELLE en connaît un bout sur cette ville dans laquelle elle passe de nombreux séjours pour rendre visite à ses deux filles qui y font leurs études. Si ce city-guide original laisse inévitablement un goût de déjà-vu/vécu dans la bouche de celles et ceux qui connaissent déjà (trop) bien la Grosse Pomme, il recèle toutefois de super tuyaux pour tous les autres chanceux qui la découvriront pour la première fois. New york et moi est aussi un jolie BD de voyage pour expliquer cette ville de tous les extrêmes aux enfants. New York y est croquée d'un trait frais et léger et les petits textes remplis d'anecdotes qui font mouche rendent d'une façon très juste et pleine de sensibilité l'atmosphère de cette mégapole convoitée de tous. Dommage que l'auteure ne se cantonne qu'à Manhattan et qu'excepté la traversée du Brooklyn Bridge elle n'aille s'aventurer dans les autres borough qui méritent eux aussi le détour, mais peut-être l'a-t-elle prévu dans un second tome ? On l'espère!
Allez, je vous avoue avoir quand même appris 2,3 choses inédites sur ma capitale de coeur: les citernes perchées sur les toits qu'on croirait en droite ligne sorties d'un vieux western sont encore belle et bien fonctionnelles car le système actuel ne permet pas de distribuer l'eau au-delà du 6ème étage, le célèbre logo  rouge "I ♥ NY"  légué par le designer Milton Glaser à la municipalité à la fin des années '70 ne lui a rapporté, à l'époque, que 2000 dollars de droits d'auteur ! Et saviez-vous que la tradition veut que les coureurs du marathon annuel abandonnent leurs habits au départ afin qu'ils soient redistribués aux sans-abris? Enfin, j'ai noté une adresse de délicieux dumplings à Chinatown, Joe's Shanghai (encore à valider bien sûr!) et j'ai bien repéré l'adresse de la sculpture rouge écarlate de Robert Indiana qui illustre joliment la cover de la BD, la prochaine fois j'irai l'admirer au croisement de la 6 ème avenue et de la 55 ème rue!

New York et moi, Soledad Bravi, Marabout, 12,50 euros

dimanche 27 janvier 2013

Un p'tit frozen yogurt pour Toutou ?



Je vous avais déjà parlé au début de mon séjour de la folie animalière qui touche  New York, en tant que cat addict, le sujet me passionne trop pour que je ne vous partage pas mes autres découvertes surprenantes dans ce domaine! Après avoir compris que les séances d'acupuncture, les bains moussants et les petites vestes et bottes de pluie pour Médor et Poupousse étaient tout à fait courants dans cette ville, le sujet me réservait encore pas mal de surprises. En me promenant dans East Village, je suis ainsi tombée sur un magasin, tenez-vous bien, à vocation "holistique" pour nos animaux chéris:


Il existe aussi des sites de rencontre qui tentent d'unir les animal lovers entre eux ainsi que des magazines qui organisent des concours de photos de nos amis à poil. Ou encore, pourquoi ne pas souscrire une assurance santé à votre compagnon à quatre pattes, quand on sait qu'une diarrhée peut vous coûter 1750 dollars (oups!) et un cancer plus de 4000 dollars, cela vaut peut-être la peine d'y réfléchir? D'ailleurs, les hôpitaux spécialisés pour animaux sont légion à Manhattan.

Hopital pour chats dans l'Upper West Side.
Barbara Meyers, qui se dit "consultante en relation animal-humain" offre, de son côté, de l'aide pour survivre à la perte d'un être cher à poil. Des entreprises de cat sitting et de dog walking proposent à leurs clients des pet sitters qui passeront la nuit avec leur animal chéri pour ne pas qu'il se sente trop seul, comptez environ 50 dollars par nuitée. Dans les magasins d'accessoires pour animaux de compagnie, on peut même acheter des brosses à dents pour chats et des chewing-gums rafraîchissants. Ben oui c'est vrai ça, pourquoi il ne se laverait pas les dents ce petit être poilu à l'haleine de chacal!? 


Chez Shake Shack, chaîne d'hamburgers dont la réputation n'est plus à faire, les chiens ont  leurs propres "treats" (friandises) et même leur "parking".
Menu canin chez Shake Shack.
Parking pour chiens chez Shake Shack.
Dans l'Upper West Side, une dame a eu l'idée de proposer du frozen yogurt (vous savez, cette délicieuse glace au yaourt qui fait fureur à NYC de par sa faible teneur en calories) aux chiens en balade, futée! Des food trucks servant uniquement de la nourriture pour chiens stationnent aussi dans les rues.


Autre découverte assez amusante: le nombre de chats et de chiens anglo-saxons qui tweetent, oui, vous avez bien lu, qui ont un profil Tweeter ou Instagram (je vous prépare by the way un top 5 des chats les plus célèbres sur ce réseau social) et qui le mettent régulièrement à jour. Et d'ailleurs, j'en connais un qui aime ça, tweeter, c'est mon chat Bubu, il est désormais suivi par le célèbre Toby The Cat et a avoué sa flamme à la délicieuse Matilda de l'hôtel Algonquin à la Saint Valentin (je vous avais déjà parlé de ce célèbre félin new-yorkais ici et j'ai assisté à son anniversaire ). Argh, mais je deviens folle, voilà que mon chat porte un hoodie de chez American Apparel maintenant! Au secours, la folie animalière a traversé l'Atlantique!
Bubu le petit boxeur poilu.

vendredi 18 janvier 2013

Petite pause cupcake à Harlem

Démodé le cupcake? Place aux whoopies et autres gâteaux aux noms improbables ? Et bien, détrompez-vous, le règne du cupcake n'est pas terminé à New York! Il n'y a qu'à voir la longue file devant la très jolie Magnolia Bakery de la 6ème Avenue (rendue culte, faut-il le répéter, par la série Sex and the City) et l'affluence dans l'une de ses filiales de l'Upper West Side ou de Bleecker Street ainsi que la prolifération des enseignes Crumbs Bake Shop et Baked by Melissa pour s'en rendre compte: oui, le cupcake a encore de beaux jours devant lui. Un distributeur automatique de ces petites douceurs colorées va même être installé dans l'Upper West Side. Je vous ai déjà fait saliver en vous montrant les cupcakes d'Eleni's du Chelsea Market ou ma collation en format miniature (moins écoeurante qu'un cupcake tout entier) du Angelique café Express lors de ma balade hivernale dans  SoHo. Aujourd'hui, j'ai envie de vous faire découvrir une autre adresse un peu moins connue située Uptown et où l'on peut se régaler de délicieuses pâtisseries typiquement new-yorkaises. Cette bakery au joli nom de Make My Cake est située dans un coin d'Harlem où les touristes ne s'aventurent (à tort) pas encore beaucoup. On y dévore (des yeux aussi, pas besoin de tout goûter!) toute une panoplie de cupcakes mais aussi des lemon pie, des carrots cakes, de  fabuleux red velvet cake ou encore des gâteaux d'anniversaire géants aux couleurs extravagantes qui font la réputation de cette pâtisserie de quartier. En avant pour une petite visite gourmande de l'enseigne située sur Nicholas Avenue (116ème rue).
 
Make My Cake: deux adresses à Harlem: 121 St. Nicholas Ave, (116th St.) et  2380 Adam C. Powell Blvd (139th St.)

dimanche 13 janvier 2013

A New York, c'est SOLDES toute l'année!


New York est LA capitale du shopping, c'est bien connu et je confirme! Pas moyen de sortir de l'appart, de faire quelques pas sans acheter quoi que ce soit, de la "bête" paire de chaussettes American Apparel à la luxueuse paire de bottes en cuir Steve Madden. Pire: les magasins sont ouverts super tard (jusque minuit parfois dans les lieux touristiques). Argh, beaucoup trop tentant ! Au début, j'ai mis un petit temps à (re)trouver mes repères dans ce foisonnement de magasins de tous labels mais au fur et à mesure, ma quête fashion s'est affinée, il faut dire aussi qu'elle était grandement limitée par mon budget. Faire du shopping à NYC est une expérience culturelle en soi. Dans les magasins de Madison Avenue, vous serez gratifié d'un élégant et enjoué "Hiiiiii, how are you doing today!?" accompagné de battements de cils papillonnants et d'un sourire jusqu'aux oreilles, vous vous sentirez ainsi propulsé dans un épisode de Gossip Girl en pleine séance de personal shopping chez Henry Bendel. A Harlem, par contre, ce seront plutôt des tonitruants "Hoooyadoin' Honey" qui vous accueilleront voire, même, dans certains magasins des "Hellooooooooo Sweeeeeet Heart" enjôleurs. Je me suis  habituée à ce genre de familiarités assez déconcertantes, et revenue en Europe, je m'étonne de ne pas voir les vendeuses se jeter sur moi et plutôt tirer la gueule derrière leur comptoir (enfin, n'en faisons pas une généralité, et puis, parfois je préfère qu'on me laisse tranquille dans les rayons au lieu d'être assaillie par une vendeuse en mal de commissions de vente). 
Pochette du livre "Carnet de shopping à New York"
New York est non seulement la capitale du shopping mais en plus, c'est LA ville des soldes perpétuelles. Le paradis des fashionistas ou l'enfer du surconsumérisme, c'est selon. Habituée à la période de soldes fixes réglementaires de début janvier et de début juillet, je n'ai pas compris tout de suite ce qui se passait car toutes les occasions étaient bonnes pour faire des affaires. Il pleut ? 50% de réduc' sur les imperméables ! Il neige ? Soldes sur les chaussures ! Le thermomètre grimpe à plus de 38 degrés Celsius (les fameux 3 digits ou 100 degrés Farenheit), les petites robes affichent moins 30% et pour les micro-shorts; c'est deux pour le prix d'un ! Martin Luther King Day = SALES! Marathon Day = SALES, Rainy Day, Sunny Day, Cloudy Day = SALES, SALES, SALES! Il y a donc, en résumé, les soldes de début de saison, d'inter-saison et de presque fin de saison et puis rebelote, plutôt pratique que vous visitiez NYC au printemps, en été, en automne ou en hiver!
Brooklyn Industries
Je vous propose un petit tour d'horizon de mes magasins fétiches dans la Grosse Pomme. Mon premier coup de coeur va au label Brooklyn Industries, une marque de vêtements jeune et casual qui, comme elle le revendique, est fabriquée (ou du moins imaginée) à Brooklyn, elle édite des t-shirts à logo sympa, des jolis sacs tout terrain et des petites robes simples et sophistiquées à la fois. Je suis même allée faire un tour au magasin outlet située au nord de Williamsburg, un peu déçue seulement par le choix de vêtements au rabais.
Mon second magasin coup de coeur c'est Urban Outfitters (qui est d'ailleurs arrivé il y a peu en Belgique). Ici, le style est plus bohème, la collection est complétée d'une foule d'accessoires, du foulard aux boucles d'oreilles, le label propose toutes sortes de gadgets et de livres marrants ainsi qu'un rayon décoration pour la chambre et la maison, on y trouve aussi les fameuses espadrilles Toms dont je vous parlais au printemps.
J'étais au départ assez sceptique sur American Apparel souvent au centre de polémique de par ses campagnes publicitaires provoc' et sa façon de recruter jugée à certains égards discriminatoires mais petit à petit, j'ai commencé à apprécier le style décalé de cette marque, une des rares "made in USA" (enfin, là aussi il y a débat), "tu te brooklynises" me suis-je entendue dire et c'est vrai qu'à force de croiser une foule d'hipsters en marcel et en bermuda sortis tout droit des années 80, on finit par s'habituer à cette mode importée de Williamsburg. J'y ai trouvé un maillot une pièce et un bikini destructuré, une petite robe de plage lignée qui m'a fait craquer car je portais presque la même quand j'avais 10 ans, et évidemment, je ne pouvais passer à côté de son cultissime "gym bag", bien pratique pour la salle de sport et la piscine.
Anthropologie
J'ai également découvert le label Anthropologie, une marque très poétique où les tons pastels sont rois, ses magasins sont superbement décorés, style virée dans les Hamptons, ce qui rend l'expérience de shopping des plus  agréables. Petit bémol, les prix sont parfois un peu gonflés, j'ai un peu de mal à lâcher 50 dollars pour un t-shirt même s'il arbore une coupe ou un détail original. Pour de bons basiques (jeans, T-shirts, chino,...), je me suis approvisionnée chez Loft et chez Gap (sa ligne cocoon/sport Body est très séduisante) ou encore chez Uniqlo (ma doudoune de poche que j'ai enfilé tout l'hiver vient de là), sans oublier Lululemon et Athleta, pour s'habiller chic au cours de yoga de l'Upper East Side ou sur les courts de tennis de Riverside Park.
Lululemon
Pour les chaussures de ville, le magasin Tani de l'Upper West Side propose une large gamme de modèles, hiver comme été. Petit tuyau: pour les chaussures de sport, filez à Harlem, chez Modell's ou Jazz les paires sont quasiment 25% moins chers qu'à Times Square. Pour une belle gamme d'équipement sportif, Sport Authorities est très bien achalandé. Par contre, j'ai fui comme la peste toutes les grosses enseignes à touristes de la 5ème Avenue et de South Street Port que sont Hollister, Abercrombie & Fitch, Aeropostale,...Côté cosmétiques, j'ai évité les grands department stores comme le monstre Macy's où l'on harcèle trop le client à mon goût, le forçant parfois à essayer 1001 produits pour qu'il achète au maximum (lisez à ce sujet mon expérience traumatisante chez Bloomingdale's), je me suis plutôt dirigée chez Sephora où l'on peut faire son shopping beauté, tranquillou, un petit panier à la main, sans être dérangé par des vendeuses trop agressives. J'y ai découvert des marques absentes en Belgique comme Fresh.
Le magasin Khiel's historique
Mais le must pour se ravitailler en produits de beauté de qualité, c'est le très beau magasin Khiel's, la boutique historique située dans East Village (au coin de la 13ème rue et de la 3ème avenue), ressemble à une "pharmacie de beauté" avec ses vendeuses en blouse blanche. Pour du shopping vintage loin de la foule, n'hésitez pas non plus à aller faire un petit tour près de Thompkins square, les boutiques y ont un charme fou, mais attendez-vous à des prix un peu plus élevés. Vous voilà paré pour une virée shopping à New York et n'oubliez pas la règle d'or: "shop 'till you save" !

dimanche 6 janvier 2013

Revue de lectures new-yorkaises pour une bonne année littéraire

Lors de mon séjour outre-Atlantique, je m'étais donné comme credo de ne lire que des romans en rapport avec New York. Et des histoires sur Big Apple, je peux vous dire qu'il y en a à la pelle, des daubes comme des perles. Voici une première petite liste de lecture -  en anglais dans le texte SVP - pour vous inspirer. Ces romans sont disponibles pour la plupart en VF (et comme je suis gentille, je vous mets le titre français à chaque fois en bonus) et certains sont même téléchargeables sur e-book, à vos Kindles!

Sunset Park, Paul Auster

Je l'avoue d'emblée, j'ai d’abord été séduite par le titre de ce roman, qui n’est autre que le nom d'un très agréable parc multiculturel de Brooklyn, que j'ai eu l'occasion de visiter. Evidemment, quand on choisit un roman du grand Paul Auster, on ne peut pas être déçue. Et de fait, l'histoire pleine de mélancolie de cette communauté de jeunes adultes qui squattent une maison brownstone située aux abords de ce parc aux accents hispaniques est prenante. Ces jeunes-là, comme des milliers d'autres à New York, triment pour s'y faire une petite place à hauteur de leurs ambitions. Un roman révélateur des difficultés de cette génération désenchantée qu'on nomme dorénavant Y et qui est d'ailleurs très bien dépeinte dans la très chouette série Girls d'HBO, dont j'attends la seconde saison avec impatience. (VF: Sunset Park)

The Good Life, Jay McInerney

La littérature anglo-saxonne post-11 septembre est prolifique. Dans cette veine, j'avais déjà lu The Emperor's Children de Claire Messud ainsi que Falling Man de Don DeLillo, ou encore  Cosmopolis porté dernièrement à l'écran avec le mystérieux Robert Pattinson. Les deux premiers m'avaient passionnée mais j'avais trouvé Cosmopolis rebutant (je me suis même endormie devant le film!). Dans son livre The Good Life, Jay McInerney étale au grand jour l'impact des attentats sur les méandres des relations humaines. Très bien renseigné sur la vie quotidienne des bénévoles oeuvrant dans le périmètre maudit du Financial District, il nous fait revivre les jours et les semaines lugubres qui ont suivi le chaos de façon très réaliste, mettant en lumière la remise en question de deux couples dont la vie, comme celle de nombreux New-Yorkais, a été bouleversée par ces événements gravés à jamais dans leur histoire. (VF: La Belle Vie)

Freedom, Jonathan Franzen

Freedom est de loin mon roman préféré lu au tout début de mon séjour à NY, c'est peut-être aussi pour cela qu'il m'a tant marquée. Acclamé par la critique après la parution de son best seller Les Corrections, Franzen réitère là un chef-d'oeuvre de littérature. Et quand un roman me cale une boule dans la gorge et me fait presque venir la larme à l'oeil, c'est qu'il est bon, très bon, le genre de roman qu'on voudrait avoir plus souvent entre les mains et qu'on regrette d'avoir fini dès la dernière page tournée. Si son histoire ne se passe que très peu à New York, elle dresse toutefois le portrait d'une Amérique emplie de désillusions sur fond d'intrigue politico-écologique, avec, en bonus, la dissection psychologique du désastre des relations familiales et le naufrage mélodramatique d'un couple. En anglais, un adjectif qualifie parfaitement la façon dont un roman peut bouleverser son lecteur: moving et ce livre-là, il m'a vraiment remuée. (VF: Freedom)
 
The Job, Douglas Kennedy 

Je l'aime bien, moi, Douglas Kennedy, quand je lis ses romans, je retrouve une ambiance familière, je me sens lovée comme dans un cocon, sans devoir faire trop d'efforts de concentration car son anglais est assez simple (à l'opposé de Franzen, avec lui, il faut s'accrocher!). The Job change un peu des autres histoires d'amour neuneu que j'avais déjà pu lire de cet auteur à succès Manhattanite. Il aborde le monde cruel du travail dans la Grosse Pomme, la chute d'un employé jusqu'à sa rédemption, mêlée évidemment, puisque c'est quand même le fond de commerce de ce cher Douglas, à une histoire de couple tourmentée. J'en suis même venue à presque rater mon arrêt de métro tellement j'étais prise par l'intrigue. (VF: Les Désarrois de Ned Allen).

The History of Love et Extremely Loud and Incredibly Close, Nicole Krauss, Jonathan Safran Foer

Je vous ai déjà parlé du Golden Litterary Couple que forment les trentenaires Nicole Krauss et Jonathan Safran Foer, ces deux-là sont aussi très forts pour parler de leur New York sous des angles variés. Pour en savoir plus sur les deux romans acclamés par la critique The History of Love et Extremely Loud and Incredibly Close (et dont les thèmes sont étrangement similaires), cliquez ICI. (VF: L'Histoire de l'amour et Extrêmement fort et incroyablement près)

By Nightfall, Michael Cunningham

Michael Cunningham est un de mes auteurs fétiches depuis que j’ai disséqué dans le cadre de mon mémoire de fin d’études en Philo et Lettres son magnifique roman The Hours qui entremêle les vies tourmentées de trois femmes merveilleuses à travers trois époques et qui nous fait également revivre la folie de Virginia Woolf à la fin de sa vie. L'amour de Michael Cunningham pour la célèbre romancière anglaise des années '30 transparaît dans son style saccadé propre au stream of consciousness de l'époque. Son roman By Nightfall aborde la midlife crisis d’un couple désabusé de New-Yorkais, Peter et Rebecca, dont le quotidien va être bouleversé par l'intrusion dans leur intimité du petit frère de 23 ans de Rebecca. Un roman qui parle des désillusions de la vie mais dont le message est aussi qu'à tout âge, tout reste possible.
(VF: Crépuscule)
Gone Girl, Gillian Flynn

Gone Girl est l'exception à la règle que je m'étais donnée car l'intrigue de ce roman ne se passe pas à NY. Il met toutefois en scène un couple de riches New-Yorkais, Nick et Amy. Ces derniers ayant perdu  leur boulot respectif se voient obligés de quitter leur vie de citadins nantis. Ce thriller fut une excellente surprise. La Gone Girl en question de l'histoire, c’est donc Amy. Cette  quadra, un brin dépressive d’avoir dû quitter l'excitation et les fastes de la Grosse Pomme, ne s’est jamais vraiment adaptée à la vie en province. Un jour, Amy disparaît. Il s’ensuit alors une quête à rebondissements. Le plus haletant dans ce thriller psychologique, c’est la manière dont l'auteur se joue du lecteur, ce dernier est embarqué dans les pensées de chacun des protagonistes jusqu’à en venir à douter de tout, et à se demander "mais qui est le plus fou dans toute cette histoire ?" Gone Girl m’a tenue en haleine du début à la fin, l’intrigue est vraiment bien ficelée, il n’y a aucun temps mort et on en vient même à se demander qui de Amy ou de son mari Nick - le premier suspect dans sa disparition - est le plus tordu. Le genre de livres qui me fait penser à cette maxime de notre bon vieux JCVD national: "Selon les statistiques, il y a une personne sur cinq qui est déséquilibrée. S'il y a 4 personnes autour de toi et qu'elles te semblent normales, c'est pas bon." Après avoir lu ce roman flippant, vous ferez plus attention aux psychopathes insoupçonnés autour de vous ! (VF: Les Apparences)

A New York, sachez que les tentations littéraires sont nombreuses, les best sellers, les ouvrages  insolites, les bouquins de recettes, les guides de voyage, les beaux recueils photographiques ou encore les mignons livres de contines pour enfants font de l'oeil aux passants dans les vitrines des bookshops (un vrai faux-ami à ne pas confondre avec library qui signifie bibliothèque). Etant passionnée de littérature, j'adore flâner dans les librairies Barnes and Noble (l'équivalent de notre FNAC ou des WHSmith britanniques) et sutout celles de la Columbia University ou de la NYU ou dans cette librairie de Bleecker Street appelée BookBook où l'on trouve de nombreux best sellers à moitié prix qui débordent sur le trottoir (c'est là que j'ai dégoté le dernier Siri Hustvedt à 6 dollars au lieu de 14). Dans les rues, des petits vendeurs proposent également des livres de seconde main, en fouillant un peu, on peut trouver des romans récents souvent à moins de 2 dollars, impossible d'y résister même après avoir acquis un Kindle (et on se posera après la question de savoir si cela rentre dans les valises du retour)! La référence des New-Yorkais en termes de bouquins d'occasion est l'immense librairie Strand, près d'Union Square. Et vu qu'un début d'année est traditionnellement l'occasion de prendre de bonnes résolutions, l'une d'entre elles sera pour moi de dévorer les bouquins encore non lus sur la photo ci-dessus (j'ai bien essayé de commencer celui de Jonathan Lethem mais j'ai été un peu découragée par le style assez ardu). J'espère venir à bout d'une bonne partie de cette pile avant la fin de l'année. Je ne manquerai pas de vous faire part de mes impressions dans une deuxième revue de mes lectures. Sur ce, excellente année littéraire!

NB: ces recommandations de lectures me font un peu rattraper l'expérience littéraire désastreuse du très mauvais Fifty Shade of Grey que j'avais lu par pure curiosité cet été (si si, retranchée discrètement derrière mon Kindle). Lisez mon post à ce sujet (le plus lu en 2012 sur le blog!) ICI.