mardi 23 avril 2013

Escapade sur City Island, le Bronx avec vue sur l'océan


C'est une escapade assez insolite que je vous propose aux beaux jours qui pointent le bout de leur nez: découvrir City Island, une île aux airs de petit village de pêcheurs de la Nouvelle Angleterre mais située à l'extrême est du...Bronx, à seulement une heure de Midtown Manhattan! Car si City Island fait bel et bien partie de ce borough dont la mauvaise réputation lui colle bien malgré lui encore à la peau, on est loin, très loin de ses grandes artères animées et de ses imposants bâtiments de brique. City Island, 4 500 âmes, est une bande de terre de 2,4 kilomètres sur un petit kilomètre posé dans le Long Island Sound. L’île était rattachée autrefois au riche comté de Westchester, ce qui lui donne des airs de banlieue chic, on traverse d'ailleurs pour y accéder l'un des plus beaux golfs de la région. Son petit port accueille de nombreux clubs de yachts, ses rues, alignées tantôt de coquettes maisons en bois, tantôt d’imposantes demeures victoriennes, proposent des magasins d’antiquités, des galeries d’art ou encore des restaurants spécialisés en fruits de mer avec vue sur l'océan.


Pour découvrir cette petite bourgade balnéaire à quelques encablures de Manhattan, nous avons embarqué à bord du City Island Bronx Seaside Trolley, une réplique d’un bus du début du XXe siècle, le même  d'ailleurs que celui que nous avions emprunté pour partir à la découverte des galeries de SoBro. Il emmène gratuitement les curieux sur place tous les premiers vendredis du mois, au départ de Pelham Bay Park Station, le terminus de la ligne 6 (l'île est aussi accessible par le bus BX29). Sur le chemin, après avoir traversé une partie de l’immense Pelham Bay Park – il fait trois fois la taille de Central Park – un premier arrêt est prévu à la Bartow-Pell Mansion, une magnifique demeure au style greek revival datant du XIXe siècle. Dans son immense jardin fleuri de mille fleurs au printemps, on peine à s'imaginer à seulement quelques kilomètres à vol d'oiseau de Times Square. Jugez plutôt:

Juste le temps de faire le tour du propriétaire, de boire un petit verre de rosée, d’écouter un petit concert de musique et hop! on remonte dans le bus, direction City Island à proprement parler. Une fois sur l'île, vous aurez l'occasion de flâner dans des galeries d’art et des bars animés, comme l’éclectique Starving Artist Café. Une petite faim? De nombreux « lobster joints » rassasieront les estomacs vides!
Stéphane Kane, de son côté, peut se vanter d’être le seul restaurateur 100% Français du coin. Dans son Bistro SK, on se régale d’escargots au beurre, de moules à la crème ou encore de bar fraîchement pêché dans l’estuaire. Une crème brûlée digne de ce nom couronne le tout. Autre option : le Black Whale, établissement célèbre pour ses desserts. Pour un cours d’histoire locale, rendez-vous au City Island Nautical Museum, qui se présente comme une porte d’entrée vers "l’une des communautés les plus intéressantes de New York City". On y trouve des collections photographiques consacrées aux figures locales, notamment les fabricants de yachts, et au passé maritime de l’île. Le musée est ouvert au public de 13h à 17h les samedis et dimanches. Cerise sur le gâteau, les passagers du trolley bénéficient de réductions dans les différents commerces de City Island, tous ces éléments réunis vous permettront de passer une excellente escapade balnéaire sur cette île new-yorkaise plutôt exotique! 

UPDATE: Lucie du blog Nous 3 à NY a visité récemment l'île et nous a raméne de super photos! A voir ICI

Infos pratiques :
City Island Bronx Seaside Trolley, départ chaque premier vendredi du mois à 17h25, 18h25, 19h30, 20h25 et 21h25 de Pelham Bay Park Station (terminus de la ligne 6, arrêt de bus BX29). Plus d'infos ici.

Envie de découvrir une autre île insolite posée dans la baie de Manhattan cette fois ? Direction Governor's Island!

lundi 15 avril 2013

Isamu Noguchi et l'origine des lampes en papier Ikea

Aujourd'hui, je vous suggère une visite culturelle hors des sentiers battus dans le Queens. En route pour Long Island City, que l'on rejoint à partir de Manhattan par la ligne Q. Arrivés à la station Broadway, on rejoint le musée Noguchi après une petite marche de 20 minutes dans le quartier tranquille et multiculturelle d'Astoria. Il s'agit plus précisément d'un "garden museum" qui met à l'honneur 240 oeuvres d'Isamu Noguchi, sculpteur américain d'origine japonaise issu du mouvement abstract expressionism et proche de Jackson Pollock et de Willem de Kooning. L'endroit fut d'ailleurs à une période son atelier. Le cadre se révèle des plus zen, dans un bâtiment industriel aux lignes sobres se dressent les pierres travaillées par l'artiste. On y admire des blocs de marbre, de granit et de basalte aux formes étranges ainsi que des sculptures aux lignes plus arrondies. 
Lors de notre visite l'été dernier, une exposition temporaire aménagée à l'étage du musée mettait en avant des pièces de mobilier créées par l'artiste, dont cette jolie table que je verrais parfaitement trôner dans mon salon: 
...ce mug aux courbes sexy pour siroter mon thé matinal:
...ou encore ces lampes iconiques en papier dessinées par Noguchi dans les années '50, connues sous le nom de Akari Light Sculptures, eh non, le géant de l'ameublement IKEA avec som lampadaire Magnarp ou sa suspension Väte n'a vraiment rien inventé! Pour faire votre shopping, direction l'e-shop du musée, la Noguchi Coffee Table y est en vente en ligne et le prix - 1499 dollars sans les frais de livraison - est encore assez raisonnable pour une telle pièce...
Dans le jardin japonisant, véritable havre de paix, une pierre sculptée impressionnante se dresse devant les visiteurs. Noguchi, après "un intense dialogue" avec elle, aurait mis pas moins de 8 ans (!) à la tailler. Certains dimanches d'été, des concerts sont aussi donnés dans le jardin.
Après cette petite visite, sur le chemin du retour, ne loupez pas le Socrates Sculptures Park à quelques mètres de là. Des oeuvres d'artistes locaux y sont exposées mais surtout, on y jouit d'une vue inédite sur la skyline de Manhattan, à hauteur de la pointe de Roosevelt Island où se dresse son phare historique. 
De retour vers le subway aérien, si vous avez faim ou juste une petite soif, faites un petit pitstop au très typique Bel Aire Dinner, burgers, gâteaux dégoulinants et délicieux smoothies vous régaleront dans un décor 100% US. Bonne visite!

The Noguchi Museum, 32-37 Vernon Boulevard Long Island City, NY 11106

Pour une immersion visuelle totale dans le Isamu Noguchi Museum, visitez également le blog Bazaraudiovisuel.

mardi 9 avril 2013

Knokke-le-Zoute ou les Hamptons de la Mer du Nord

Tout comme je vous avais décrit la plage de Long Beach comme le "Blankenberge new-yorkais" je vous propose de découvrir aujourd'hui la station balnéaire belge de Knokke-le-Zoute que  l'on pourrait comparer dans le sens inverse avec un peu (beaucoup) d'imagination aux chic Hamptons new-yorkais!
Aux lecteurs peu familiarisés avec les spécificités de notre Mer du Nord, sachez que Knokke est la station la plus huppée des 66 kilomètres qu'aligne la côte belge. On y trouve de splendides  propriétés (faut-il préciser que ce sont principalement des résidences secondaires?), une concentration affolante de Porsche (toute la gamme y passe: Cayenne, Cayman, Carrera, Panamera...), des modèles variés de golf cars (très pratique, en plus de la Mini Cooper pour vite aller faire une petite course avant de passer au club) mais aussi des magasins de luxe qui n'ont rien a envier à ceux de l'Avenue Louise bruxelloise. D'ou ma comparaison facile avec cette région huppée de l'état de New York qui s'étend sur la longue bande de terre de Long Island et où les riches new-yorkais s'échappent de la fournaise de la ville en été et vont fêter Thanksgiving en novembre.

Se balade sur sa digue et dans ses rues commerçantes du très beau monde, de la noblesse aux grandes familles d'industriels fortunés. Petit sac Louis Vuitton ou pliage Longchamp, foulard Burberry pour ces dames, capri framboise écrasée Bouvy, chèche Ralph Lauren et espadrilles Tommy Hilfiger pour ces messieurs. Aux beaux jours, les plages privées sponsorisées par  Scapa Sport ou Veuve Cliquot accueillent la jeunesse dorée pour des apéros au champagne qui s'éternisent au soleil couchant et se finissent dans une boite de nuit bling bling ou se retrouve le gotha du royaume, les magasins de luxe organisent des  ventes privées sélectes tandisque les nombreuses galeries d'art proposent des vernissages VIP.
Au détour d'une rue, une Aston Martin.
Mais mon Knokke à moi se veut un peu moins tape-à-l'oeil, car en se laissant aveugler par le luxe des belles enseignes, hypnotiser par les beaux bolides, distraire par les splendides villas de style anglo-normand et séduire par une promenade le long du magnifique golf 18 trous, on en oublierait presque d'admirer la mer! Car au final c'est bien pour ça qu'on a parcouru 200 bornes, non? Pour humer son bon air iodé, fouler son sable les pieds nus et se laisser dorer la peau par son soleil généreux! Mais aussi pour découvrir ses trésors cachés comme son beau cloître de Dominicains. Bon, rien ne nous empêche aussi de quand même jeter un coup d'oeil à l'Aston Martin garée au coin de la rue et d'aller faire du lèche-vitrine chez Hermès au détour d'une promenade sur la digue, surtout s'il pleut comme le chantait si bien le grand Jacques Brel dans son beau tango dédié à cette ville balnéaire:


Le très joli cloître de l'église des Dominicains.
 
Et pour ceux et celles qui comprennnent le néerlandais (désolée pour mes lecteurs francophones et anglophones si, du moins, ils existent !), une petite vidéo bien comique sur les (futurs) résidents de Knokke!

mercredi 3 avril 2013

MET, MoMA etcetera: Mes coups de coeur artistiques


Mise en abyme au MET.
A New York, les amateurs d'art en tous genres seront aux anges, car ce ne sont pas les musées qui manquent. En quelques mois, j'en ai écumé quelques-uns, des monstres sacrés comme le MoMA ou le MET (surnommé parfois péjorativement "le supermarché de l'art" vu son gigantisme), le Whitney Museum, le Brooklyn Museum, le Guggenheim, le Musée des Sciences Naturelles, le Centre International de la Photographie, ainsi que des endroits plus intimes dont je vous parlais dans mon dernier post telles la Frick Collection, la Neue Gallery, la Morgan Library,...Parmi les milliers d'oeuvres d'art appartenant à ces institutions, j'ai le plaisir de vous présenter aujourd'hui mes dix coups de coeur. De quoi vous préparer psychologiquement à "affronter" ces merveilles lors d'une visite à New York, cela vous préservera peut-être du syndrome de Stendhal auquel succombent parfois les amateurs d'art et que je vous décrivais dans mon dernier post.

1. Edward Hopper, ce peintre à la croisée du réalisme et du surréalisme américain, reste my favourite. Après avoir craqué il y a 10 ans lors d'une première visite à Big Apple sur un de ces phares emblématiques, j'ai été séduite par cette vue d'une rue de Williamsburg, quartier de Brooklyn où nous nous sommes souvent rendus, pour un petit restau ou une sortie musicale. J'ai également eu la chance d'admirer une grande partie de sa production à la rétrospective exceptionnelle que lui a consacré le Grand Palais de Paris dernièrement.
View from the Williamsburg Bridge, Edward Hopper, MET (1928)
2. Au MET, j'ai découvert cette oeuvre contemplative de David Hockney, artiste Britannique installé en Californie et dont la pratique figurative pendant les années '60 s'inspire de la photographie:
 Portrait of an Artist (Pool with Two Figures), David Hockney (1972)
3. Un grand classique devenu malheureusement aussi un peu cliché au fil des années, ce champ de cyprès peint par Vincent Van Gogh à la fin du 19ème siècle n'a pas fini de m'impressionner. Je suis restée en extase devant ses coups torturés de pinceaux. On pourrait croire que Van Gogh vient de mettre la dernière main à cette oeuvre tellement la peinture semble fraiche. 
Wheat Field with Cypresses, Vincent van Gogh (1889)
copyright: Bazaraudiovisuel
4. Vous connaissez ma passion pour les félins, je n'ai donc pu qu'être séduite par cette grosse bouille de chat du MoMA peinte par Paul Klee:
Cat and Bird, Paul Klee, MoMA (1928)
5. Dans un autre style, j'ai aussi, en toute logique, beaucoup aimé ce bronze d'un chat famélique typique du style d'Alberto Giacometti:

The Cat, Alberto Giacometti, MET (1954). Copy: Bazaraudiovisuel.
6. Toujours au MoMA, cette immense toile de Monet nous plonge dans ses magnifiques jardins de Giverny que nous avons aussi pu admirer au jardin botanique du Bronx.
Reflections of Clouds on the Water Lily Pond, Claude Monet, MoMA (1920)
7. Au Guggenheim, mon coup de coeur va à cette toile de Kandinsky intitulée Several Circles dont on peut d'ailleurs maintenant admirer une jolie copie dans notre salon:
Kandinsky, Several Circles, Solomon R. Guggenheim Museum (1926)
8. A la base, je ne me pensais pas attirée par les monochromes, et pourtant, au Guggenheim, j'ai beaucoup aimé la collection temporaire consacrée à ce type d'oeuvres. Comme une révélation, j'y ai été interloquée par cette planche acidulée de John MacCraken, posée à même le mur:
John McCracken, Blue Plank (1969)
9. A la Neue Gallery, comment ne pas être séduite par ce grand classique de Gustav Klimt, dont on fêtait le 150ème anniversaire en 2012?
Portrait of Adele Bloch-Bauer, Gustav Klimt, Neue Galerie (1907).
10. Et parce qu'il n'y en a que 10 mais et qu'il pourrait y en avoir des dizaines dans cette sélection, je finis par cette peinture auréolée d'un certain mystère de la main pleine de finesse de Johan Vermeer, l'un de mes peintres flamands préférés, mis à l'honneur à la Frick Collection:
Johan Vermeer, Lady with Her Maid servant Holding a Letter, Frick Collection (1667)
Pour une immersion totale dans les oeuvres du MET, rendez-vous sur le blog Bazaraudiovisuel.