samedi 24 août 2013

Une autre vue de la skyline...du New Jersey

Vue de l'Empire State Building depuis les rives d'Hoboken.
La mythique skyline de New York est sans aucun doute la plus photogénique des skylines de par le monde, d'autant plus maintenant que la nouvelle WTC1 à atteint sa hauteur définitive culminant à 1 776 pieds, soit un peu plus de 541,32 mètres d'altitude au-dessus de la grosse pomme. Pour admirer cette harmonieuse rangée de gratte-ciel, le mieux est de se se rendre juste en face, à Brooklyn sur les bords de l'East River  - le pier 6 vient d'ailleurs d'être totalement rénové - et pour en saisir toute leur magnitude, de traverser à pied, le pont qui relie Brooklyn à Manhattan, d'emprunter la passerelle pour piétons du Manhattan bridge, ou encore, celle du pont de Williamsburg voisin. Vous pouvez aussi pousser la balade un peu plus haut dans le quartier du Queens au niveau du parc des sculptures Socrates, la perspective est assez originale avec un bout de Roosevelt Island dans la lorgnette, juste a côté se trouve le très agréable musée Nogushi qui vaut une visite. Sur Roosevelt Island, on jouit d'ailleurs aussi de très belles vues sur tout l'East Side. Pour une vue maritime, le mieux est d'emprunter le ferry qui fait la liaison Manhattan - Staten Island, c'est gratuit (assez rare à NYC que pour être mentionné) et au coucher du soleil, l'arrivée progressive au retour sur les gratte-ciel illuminés du port est magique ! C'est l'occasion aussi de faire un petit coucou à Miss Liberty qui se dresse dans la baie. Le circle line est aussi un must touristique, ces bateaux de croisières font tout le tour de l'île de Manhattan, une excursion idéale pour la reluquer en quelques heures sous toutes ses coutures. Mais à côté de ces différents points de vue, j'ai envie de vous parler d'un autre endroit beaucoup moins couru, il se situe dans le New Jersey voisin, sur les rives de la ville de Hoboken qui a vu naître Frank Sinatra et où nous étions déjà allé écouté un petit concert de musique (et pour les Belges intrigués, il n'y aurait apparemment aucun lien avec la ville belge située près d'Anvers du même nom).
Copyright
Copyright
On rejoint Hoboken par un métro sous l'Hudson (le Path) ou, en surface, par ferry, la traversée ne dure que 15 minutes et dans ce court laps de temps, on est transporté dans une ville paisible à l'atmosphère très provinciale, loin de l'agitation de Wall Street, pourtant à quelques mètres à vol d'oiseau. Sur ses rives joliment aménagées, on peut admirer la pointe du Financial District de Manhattan, le magnifique Empire State Building ainsi que remonter des yeux jusqu'à l'Upper West Side et même bien au délà en balayant du regard les quartiers de Chelsea et de West Village. Hoboken a encore à souffrir d'une réputation de banlieue-dortoir un peu beauf' de New York - c'est en effet l'une des villes où transitent le plus de navetteurs aux States, venus des quatres coins de l'état du New Jersey - mais avec des loyers plus abordables et une douceur de vie bien agréable, beaucoup de Manhattanites n'hésitent plus à franchir l'Hudson et a venir s'y installer, surtout lorsque la famille s'agrandit, la ville jouit en effet de grands espaces verts et de complexes d'appartements spacieux. C'est sur le très agréable Pier C Park d'Hoboken récemment aménagé que j'ai pris ces quelques photos, à la tombée du jour.

 

vendredi 2 août 2013

Revue de lectures new-yorkaises pour les vacances (PART 2)

L'été est bien installé cette année en Belgique, on a pas à se plaindre (enfin, si, on va quand même geindre un "fait trop chaud!"), avec 36 degrés ce vendredi, "la journée la plus chaude de l'année" paraît-il, ça me rapelle les longs et étouffants mois estivaux new-yorkais, sans l'humidité. Et qui dit, donc, "été", dit "vacances"! Yipieeeeee! Les miennes commencent ce soir et pendant mon absence, j'ai pensé à vous distraire l'esprit avec une nouvelle liste de lecture (consultez ma première sélection de début d'année ICI). Parmi les 5 romans que je vous propose ci-dessous, il y en a pour tous les goûts, la plupart ont un lien proche ou plus éloigné avec NYC, de la fable politique post 9/11 au thriller psychologique en passant par une histoire d'amour à l'eau de rose, faites votre choix! J'espère toutefois, qu'entretemps, vous avez un peu révisé votre anglais car certains de ces bouquins ne sont pas (encore) traduits en français. Allez, bonne lecture et, surtout, bonnes vacances!
1. The Submission, Amy Waldman (2011, in English only)
Un “tour de force” comme dirait les critiques américains (avec l’accent English SVP), une idée de génie qu’a eu cette ex-journaliste du New York Times, qui fut pendant trois ans co-rédactrice en chef du bureau de New Delhi. Le pitch : un jury de Manhattan doit désigner le gagnant anonyme d’une compétition pour dessiner le nouveau mémorial du 11 septembre qui sera érigé sur Ground Zero mais quand les membres du panel découvrent que l’architecte choisi est musulman, l’affaire s’emballe ! Amy Waldman nous fait vivre le récit, tour à tour poignant et plus rationnel, de différents personnages clefs liés de près ou de loin aux attentats et dont la conscience est confrontée à ce choix cornélien. Chacun est représentatif d’une tranche de la société américaine, de la veuve WASP stoïque de la banlieue chic de New York à la musulmane éplorée de la communauté bangladaise de Brooklyn, en passant par des activistes anti-islam et une jeune journaliste sans scrupule et avide de scoops. Le roman questionne intelligemment la place de l’islam aux Etats-Unis et débat sur l’ambiguïté de l’art. The Submission est qualifié par la critique comme l’une des plus belles réussites littéraires post 9/11, à mettre sur le même pied que le roman Falling Man de Don De Lillo, il est même parfois comparé au best-seller mondial Le Buché des Vanités de Tom Wolfe. Le site internet consacré au bouquin est très complet. Un véritable coup de cœur pour la "passionnée" du 11 septembre que je suis.
2. Sharp Objects, Gillian Flynn (2007, en anglais seulement) 

Le dernier roman de Gillian Flynn, Gone Girl, dont je vous parlais dans ma première revue littéraire à été traduit récemment en français, sous le titre Les Apparences, un regain d’intérêt a du coup fleuri autour de cette écrivain talentueuse de thrillers psychologiques qui a recu le Grand Prix des Lectrices Elle Policier 2013. J'avais adoré la trame de Gone Girl, un polar perturbant très bien ficelé. Cette première approche m'a donné envie de lire le premier livre de Gillian Flynn: Sharp ObjectsJ'avais tellement été captivée dès le début par Gone Girl que j'ai été un peu déçue par Sharp Objects. En cause: une mise en place trop longue de l'intrigue et un dénouement qui s'enchaîne un peu trop vite a mon goût. Ce premier polar est donc un peu inégal par rapport au dernier best-seller dans lequel l'auteur excelle à jouer avec les sentiments et les projections du lecteur. J'imaginais me replonger dans la même ambiance malsaine de suspicion mais ici, le rythme est moins soutenu et comporte pas mal de lourdeurs. On sent que Gillian Flynn n'en est encore qu'au bulbutiement de son art de l'intrigue...Sharp Objects reste néanmoins un polar haletant - "a page turner" pour parler comme les critiques us - que je vous conseille pour l'été!

3. The Moment, Douglas Kennedy (2011, FR: Cet Instant-là)
Voilà le livre de plage idéal: The Moment (Cet Instant-là), un petit Douglas Kennedy de derrière les fagots dont la trame narrative se passe à Berlin (rien à voir avec New York donc sauf que le protagoniste est originaire de l’Upper West Side). Je dois vous avouer que j'ai été un peu déçue par les longueurs à l'eau de rose de cette histoire d'amour tourmentée entre un journaliste américain et une réfugiée allemande de l’Est mais comme à son habitude ce cher Douglas réussit à me captiver même si j'ai dû attendre les 3/4 de sa prose pour qu'il lâche enfin de sa plume un retournement de situation poignant et haletant à faire pleurer dans les chaumières. Chapeau Doug!
4. Open City, Teju Cole (2011, FR: Open City)
5 ans après les attentats du 11 septembre (non, non, ce n'est pas une obsession chez moi :-)), Julius, un jeune nigérian interne en psychiatrie dans un hôpital de Uptown Manhattan se promène sans but précis dans la ville pour échapper à son environnement de travail sous pression. On lui emboite le pas et on adopte son rythme cadencé pour (re)découvrir les différentes ambiances de la Grosse Pomme de Washington Heights à Wall Street en passant par Columbus Circle, Madison Avenue ou encore Central Park. Au fil de ses pérégrinations urbaines étalées sur différentes saisons et de ses rencontres, on se prend d'affection pour ce jeune homme qui nous confie ses états d'âme et les réminiscences de son enfance passée en Afrique. Même si je préfère de loin les histoires moins contemplatives, j'ai apprécié avec un plaisir non dissimulé de reparcourir NYC à travers les yeux éclairés de ce jeune protagoniste. C'est un véritable NY à livre ouvert que Teju Cole nous offre, avec même, un passage par Bruxelles, que l'on découvre sombre et pluvieuse au mois de décembre et dont la torpeur est mise en confrontation frontale avec l'énergie manhattanite, de quoi parfaitement boucler la boucle! Teju Cold mérite grandement son PEN/Hemingway Award. On se serait néanmoins passé de cette idée reçue en page 96 quand l'auteur avance la chose suivante: "The french (comprenez les Wallons/Bruxellois) are lazzy, they hate working and are envious of the Flemish". Ah bon, vraiment ?

5. The imperfectionists, Tom Rachman (2010, en anglais only) 

Evoluant moi-même dans le milieu de la presse, j'ai apprécié les différentes aventures de ces journalistes d'un quotidien britannique (8 en tout), du responsable de la rubrique nécrologique au reporter de guerre prêt à tout pour écraser ses collègues. Au final, le jeune auteur londonien Tom Rachman dîplomé de la Columbia University (School of Journalism) nous donne à voir la rédaction du journal à travers le prisme d'un rubikscube. Les différents chapitres racontent chacun une histoire indépendante mais l'ensemble offre au lecteur des interconnections et un dénouement inattendu. Une lecture agréable et pas trop prise de tête, parfaite sur une terrasse ou à bord de la piscine!