jeudi 10 octobre 2013

Revue de lectures automnales

C'est tout doucement la saison du cocooning, on s'emmitoufle dans sa petite laine et on savoure un bon roman bien au chaud. Mon but dans cette nouvelle revue littéraire n'est pas de vous proposer les dernières nouveautés de la rentrée (qui est d'ailleurs déjà un peu derrière nous) mais plutôt de vous présenter mes romans coups de cœur, certains sont récents et font ou ont fait le buzz récemment, d'autres datent de quelques années déjà...à vous de faire votre shopping selon vos affinités...

The Corrections (Les Corrections), Jonathan Franzen (2001)

Remuée que j'avais été par le prodigieux Freedom de Jonathan Franzen, je me suis attaquée à son premier chef-d'œuvre: Les Corrections. Ce roman au long fleuve est une grande fresque familiale, on y découvre les névroses, les actes manqués mais aussi les petites victoires du quotien d'Alfred, gagné petit a petit par la maladie de Parkinson et d'Enid, sa dévouée épouse. Leur progéniture, Denise, Gary et Chip, tous adultes (mais pas si vaccinés qu'ils n'en ont l'air) tentent chacun de réussir leur vie en gravitant autour du noyau central de la maison familiale de la petite ville de St Jude dans le Midwest américain. Ce que j'aime chez Franzen, c'est sa façon de rendre passionnantes les choses insignifiantes et parfois absurdes de la vie de tous les jours, il arrive à rendre ses personnages très attachants même si a priori on a aucune raison de s'y identifier. L'auteur s'envole lors de certains passages dans des délires à la limite du surréalisme, la structure de son roman navigue sans cesse entre un passé pas si lointain et le présent, son style cotoyant tantôt le désarroi, tantôt l'hilarité. Cette oeuvre est pour moi une véritable prouesse littéraire, une merveille d'écriture remplie de citations délicieuses qui marquent les esprits et qui pourraient à elles seules remplir un recueil entier. The Corrections n'a en tout cas pas volé son National Book Award en 2001! Les derniers chapitres se dégustent avec lenteur et une fois les 700 pages de la version poche tournées, on est presque triste d'avoir à quitter les différents protagonistes de cette famille américaine issue de la classe moyenne démocrate dont on a suivi l'enfance et le quotidien pendant quelques mois. Eux aussi font un peu partie de la famille maintenant...

La vérité sur l'affaire Harry Quebert, Joël Dicker (2012)

Voila bien LE best seller de cette année qui est sur toutes les lèvres, vu et lu dans le train ou à la plage par nombre de lecteurs de tous bords, et cela, malgré son format assez encombrant. Parents, amis et collègues m'avaient unanimement vanté ses mérites, je ne pouvais donc passer à côté même si je me méfie comme la peste de ce genre de livres à succès placé en tête de gondole au Carrefour Market, un peu comme avec un mauvais Guillaume Musso ou un Marc Levy de derrière les fagots. Ce roman est tombé à point après la lecture intensive des Corrections de Franzen, une œuvre assez prenante émotionnellement et dont le style demande à ce qu'on s'y accroche, surtout dans sa version anglaise. Au début pourtant, en commençant La Vérité, j'ai bien eu peur d'être tombée sur un médicocre ersatz combiné de Lolita de Nabokov et de Millenium de Lars Stiegen. Mais au fur et à mesure que j'avançais dans sa lecture, j'ai été bluffée! Cela faisait bien longtemps que je n'avais plus été scotchée de la sorte par un bouquin! L'histoire est remarquablement bien ficelée, cette brique de papier révélant rebondissement sur rebondissement m'a littéralement aimantée, fait rare, je l'ai finie en quelques jours à peine. J'émettrai quand même un gros bémol sur le style de son auteur, le Suisse Joel Dicker, dont l'écriture se révèle simpliste et jalonnée de nombreux lieux communs, de guimauveries et de répétitions inutiles. J'ai trouvé certains passages tellement niais et ridicules que je me suis même parfois demandée si le jeune auteur ne se foutait pas de son lecteur et qu'il ne fallait pas y voir un second degré un peu absurde ? Car avec des phrases clichées et neuneus comme celles-ci: "L'inspiration s'en était allée sans crier gare", ou "L'amour ça peut faire très mal" et "Elle avait mis le feu à son âme", y'a un peu de quoi se poser des questions sur le choix du jury de l'Académie française qui lui a décerné son Grand Prix du roman en 2012, d'autant plus quand le livre aborde les problèmes d'un écrivain en panne d'inspiration et dont l’obsession est de «devenir le meilleur, par tous les moyens, d’être le meilleur à tout prix», eh ben, là, c'est pas gagné d'avance! Certains critiques littéraires vont d'ailleurs même à se demander si Quebert n'a pas produit une "pâle resucée de "La Tache" de Philip Roth", mais pour moi la simple comparaison avec le génie littéraire américain est déjà de trop. Je m'étonne un peu moins, par contre, qu'il ait raflé le Goncourt des Lycéens, vu que son style doit plutôt bien plaire aux minettes en mal d'histoires d'amour. Par contre, sur la construction de son intrigue, je dis chapeau et je  donne un bon point ausi à la cover, qui n'est autre qu'un magnifique tableau de Hopper, l'un de mes peintres préférés et qui donne d'emblée une idée de l'atmosphère rendue par cette histoire criminelle d'amour meurtrie qui se passe dans le New Hampshire...De quoi me séduire complètement!

The Woods (Dans les bois), Harlan Coben (2007)
Si on fait abstraction de son style d'écriture assez banal, Harlan Coben est l'un des maîtres du thriller, comme celles de Mary Higgins Clarck, ses intrigues fonctionnent toujours à merveille. La trame de The Woods: lors d'un camp de vacances, quatre jeunes disparaissent dans des bois, on retrouve deux d'entre eux égorgés mais le mystère reste entier sur la destinée des deux autres...20 ans plus tard, le passé du procureur Copeland dont la soeur a disparu lors de cette nuit sanglante ressurgit, et avec lui, son amour de jeunesse Lucy. La principale tactique gagnante de Coben dans The Woods est de nous renvoyer à nos peurs primales, qui n'a en effet jamais eu peur lors d'un camp scout d'être lâché dans un bois sombre et aux bruits effrayants ? Le tout enrobé de meurtres non élucidés et de relations familiales et amoureuses tourmentées pour un cocktail détonant qui tient en haleine page après page. On en passerait presque des nuits blanches!

Et vous, c'est quoi vos lectures pour cet automne?

Pour d'autres idées de lecture, Consultez mes précédentes revues littéraires ICI et ICI

mercredi 2 octobre 2013

Run, Run, Runaway!


Quand je suis partie vivre à NYC, j'ai entendu pas mal de réactions du genre: "Tu vas manger que des saloperies avec la mal-bouffe qu'on sert là-bas!", ou encore "Les USA, c'est le pays des obèses, tu vas prendre 10 kilos!". Eh bien, non, malgré mes craintes du début, je n'ai pas pris 10 kilos pendant cette année outre-Atlantique car NYC est un endroit des Etats-Unis très particulier quand il s'agit de (bien) se nourrir. Tout d'abord, grâce à sa multiculturalité, on peut se concocter en peu de temps un véritable tour du monde culinaire et manger tour à tour japonais, mexicain, coréen, thaï, italien, français, indien, libanais,...Engloutir des sushis, des tacos, des ramen, des gros hamburgers ou des salades (plus ou moins) light, des smoothies, des frappuccinos, des frozen yogurt ou encore des gaufres de Liège (par exemple chez le belge Wafels and Dinges dont la réputation n'est plus à faire). La ville est renommée pour sa grande concentration d'excellents chefs coq (pour de super adresses, je vous conseille ce guide des restaurants à télécharger sur le blog Curiosités et Futilités). 
Les magasins de quartier, tout comme les Whole Foods ou les Fairway sont courus pour leurs rayons "organic" (bio) et "healthy" (sain). Ce ne sont pas les légumes et les fruits frais qui manquent: poireaux, carottes, poivrons, laitues sont rangés avec tellement de soin que cela en est un vrai régal aussi pour les yeux ! En gros, NYC, c'est la ville du bio et du bien-manger des States. Attention, on trouve aussi de la viande bourrée aux hormones et aux antibiotiques au rayon boucherie et les producteurs de lait se sentent même obligés de mentionner "sans antibiotiques/sans hormones" sur leurs bouteilles, il suffit d'être attentifs aux étiquettes, ce qui peut parfois se révéler être un véritable casse-tête. Bien sûr, on rencontre des obèses dans les rues mais ils sont plutôt en minorité. Et évidemment, si on ne se nourrit que d'hamburgers, de pizzas et de donuts à tous les repas, la balance va s'affoler...tout est une question d'équilibre et de bon sens. 
L'alléchant rayon légumes du Whole Foods Market.
Mais le secret minceur des New-Yorkais, c'est l'exercice physique, comme je vous l'ai déjà raconté, le sport fait partie intégrante de leur quotidien. Le choix est vaste dans les  nombreux centres de fitness ou sur les pelouses des parcs municipaux: pilates, yoga, base-ball, basket-ball, soccer,...On voit également de nombreux joggeurs. Les New-Yorkais courent par tous les temps, qu'il fasse 40 degrés à l'ombre, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, rien ne les rebute pour leur séance de jogging quotidienne qui leur permet de garder la ligne mais aussi de gérer le stress d'une vie urbaine lancée à du 200 à l'heure.
Vue sur l'Upper West Side du réservoir.
L'endroit le plus célèbre pour s'entraîner qui offre des vues magnifiques sur le Guggenheim et le San Remo, c'est la running track de 2,5 kms qui fait le tour du Kennedy Onassis Reservoir au cœur de Central Park, du nom de la première dame qui allait régulièrement y faire son footing. Si on calcule bien (pas mon fort) il faut donc 17 tours pour arriver à boucler un marathon! Mais faites attention, si vous désirez aller y courir en rond, il y a un sens giratoire obligatoire (dans le sens inverse des aiguilles d'une montre) et gare aux touristes qui marcheraient dans l'autre sens et qui gêneraient du coup les coureurs en sueur parfois obligés de zigzaguer entre les nids de poule par temps pluvieux! 
 
Niveau marketing, les enseignes spécialisées sont légions, on peut s'équiper chez Lululemon (mon magasin préféré, spécialisé aussi en tenue cocoon de yoga), Athleta  qui vend des petites jupes de course pour les joggeuses qui désirent rester élégantes dans l'effort, ou dans des enseignes beaucoup plus ciblées. Je vous le conseillais déjà dans mon post dédié au shopping, pour acquérir des baskets de course, montez plutôt à la 125ème rue à Harlem, chez Modell's ou chez Jazz, c'est là que vous trouverez des modèles jusqu'à 25% moins cher qu'à Times Square. En plus, les vendeurs black sont souvent très sympas. Exotisme garanti! De mon côté, pour mes séances de running auxquelles j'ai pris petit à petit goût (vive les endorphines!), j'ai porté mon dévolu sur une paire de Nike free, j'ai craqué sur ses couleurs flashy et j'ai de suite adopté cette sensation "pieds nus" qui offre le confort d'une pantoufle.
Pour la compèt', le Marathon de NYC qui a lieu chaque année début novembre est la grande messe des marathoniens du monde entier, y participer reste un rêve pour de nombreux joggeurs car les places sont limitées. Rien que de visualiser le parcours (ici) donne déjà des palpitations. La course débute sur Staten Island au début du  Verrazano Bridge, elle se poursuit dans Brooklyn, une partie du Queens, la traversée du magnifique Queensboro Bridge, la remontée de l'Upper East Side, un petit crochet par le sud du Bronx et, enfin, l'arrivée dans Central Park Sud après avoir descendu Harlem. Si vous ne faites pas partie des chanceux participants à ce mythique marathon, de nombreuses autres courses aux distances variées pour débutants comme confirmés, sont aussi planifiées tout au long de l'année. Même les magasins de running, comme Lululemon, en organisent! Niveau application de course, je vous conseille Endomondo ou encore Run Keeper afin de suivre l'évolution de vos performances. Côté musique, on s'envoie un bon Kanye West dans les oreilles! Alors, prêts? Courez!