mardi 2 juin 2015

J’ai couru un semi-marathon (PART 2) : …et j’ai connu l’extase !



Dans mon post précédent, je vous ai expliqué ma préparation à mon premier semi-marathon étalée sur une année. Il est grand temps que je vous raconte la course en tant que telle, non?!

Le jour J  

Pour une première expérience sur cette longue distance, nous avions jeté notre dévolu sur le Maasmarathon de la Basse Meuse, pour son parcours pas trop vallonné et très bucolique entre la Belgique et les Pays-Bas. Le départ est fixé à 11h, le dimanche 11 mai à Visé, timing idéal pour ne pas devoir se lever trop tôt (il faut une petite heure de route pour rejoindre les starting blocks). Arrivées sur place, nous rejoignons la place d'où va être lancé le départ. Avant cela, petit échauffement dans les rues alentours et c'est partiiiiii! Le temps est clément, un petit 20 degrés un peu nuageux. 

Au début d'un run, j’ai toujours un peu de mal à me mettre en jambe, je fonctionne comme un diesel et les 4-5 premiers kilomètres, la machine doit se dérouiller foulée par foulée. A Visé, on a commencé par une rue en légère pente et je me suis laissée emporter par la foule en faisant plus de 10km/h, s’en vraiment m’en rendre compte. C’est là, qu’il faut faire attention à ne pas déjà être en sur-régime. Les dix premiers kilomètres, redescendue à une allure plus dans ma zone de confort, se passent comme un charme, ce que je considère comme mon « second souffle » se faisant ressentir aux alentours de la 8ème borne. On trottine pépère (mémère plutôt) et on papote sur les chemins de halage fleuris du bord de Meuse, et entre autres, de notre lecture fortement appréciée de l’excellent ouvrage de Hari Murakami sur ses expériences de course (Autoportrait de l'auteur en coureur de fond). Je décide de ne pas me ravitailler aux 5 kms, c'est trop tôt, j’ai peur de mal gérer ou de me chopper un point de côté. Arrivées aux 10 kms, il est midi et le soleil tape bien, heureusement, il y a de jolis cerisiers en fleurs qui nous offrent leur ombre bienvenue. Après un bon ravitaillement en eau et en quartier d'orange bien rafraichissant, c’est reparti jusqu’au 15ème km, « step by step ». 


KM 18, une autre dimension

Passé les 15 bornes, c’est bien là que ça se corse, j’entre dans une zone totalement inconnue, car à l’entrainement, je n’ai jamais dépassé cette distance. On a beau dire que sur la fin, tout se joue au mental, ce n’est pas si simple en réalité. Les 4 derniers kilomètres, je pensais les visualiser, pour me donner de la motivation, telle une sortie d’une petite demi-heure comme j’ai l’habitude d'en faire en semaine. Et pourtant, ils m’ont paru interminables avec tout ce bitume déjà avalé! Mes jambes me paraissaient lourdes comme deux poteaux électriques et j’avais la sensation que mes genoux allaient crouler à chaque foulée, rajouté à cela un bon petit soleil de début d’aprèm,…Heureusement, le parcours est plat et les tentes de ravitaillement se succèdent pour se donner du baume au cœur. Au 18ème kilomètre, j’ai le réflexe de dégainer un gel de sucre rapide car je sens poindre une petite défaillance. Sur les derniers mètres, je me sens pousser des ailes dans la descente libératrice qui mène à la ligne d’arrivée que je franchis presque les larmes aux yeux. Le fait d'avoir couru en duo m'a beaucoup aidée. On s’est encouragée mutuellement quand cela devenait trop difficile physiquement et mentalement, la course aurait été tout à fait différente si je l’avais faite en solo. C’est pourquoi à la place de « I did it », je dirais plutôt « we did it ! »


L’extase du coureur : un mythe ?

On parle souvent de l’action boostante miraculeuse des endorphines, dont l’effet anxiolytique est une propriété reconnue de la morphine. Ces hormones libérées par le corps en mouvement sur une longue durée (plus de 45 minutes pour bien faire) mettent le coureur dans un état second et lui font oublier la douleur. Eh bien, je peux vous dire que cet état de transe n’est pas un mythe, j’y ai gouté. Il est décrit par ces différents qualificatifs: euphorie, spiritualité, puissance, grâce, déplacement sans effort, vision momentanée de la perfection, flottement dans l’irréel...

Je me suis en effet sentie projetée dans une autre dimension, comme plongée dans une bulle de coton, et principalement vers la fin de la course, j’avais perdu totalement la notion de temps. Autre sensation étrange, j’ai plusieurs fois du ravaler mes larmes, pas de douleur mais d’une vive émotion qui me submergeait, les hormones sans doute? ou alors, la joie de réaliser cet exploit après m’être entrainée rigoureusement. Sur la fin, le plus dur était aussi de voir certains marathoniens que l’on avait rejoints sur le parcours en piteux état, et ce qui m'a fait un peu plus peur, c’est de croiser une ambulance. C’est là qu’on se dit qu’il vaut mieux y aller mollo que de frôler le malaise.

La gestion de l’après-course

Juste après la course, je n’ai pas eu de baisse de régime, j’avais bien un peu mal aux jambes et quelques lancements aux genoux et des crampes aux mollets, mais rien de très douloureux. Par contre, ce n’est qu’une petit heure plus tard que j’ai eu une petite crise d'hypoglycémie, me forçant à boire un gros coca-cola bien sucré. Leçon pour la prochaine fois : m'alimenter et beaucoup plus m'hydrater juste après l’arrivée même si je n’en sens pas le besoin. Le soir, une grande fatigue physique générale a enveloppé mon corps mais je n’ai pourtant pas trop bien dormi, apparemment, à cause de l’effet euphorisant et excitant des endorphines qui perdurait.

Le lendemain, pas vraiment de courbatures – je me suis bien étirée – mais plutôt une grosse fatigue générale. Je sens bien que tout mon organisme a puisé dans ses ultimes réserves. Il a besoin de récupération et je me rends compte j’ai sous-estimé cette phase très importante. En un seul mot : réhydratation! Et du repos! Il est d'ailleurs conseillé de ne pas reprendre la course directement dans la semaine qui suit l’épreuve mais d’attendre quelques jours. Raison pour laquelle j'ai fait une croix sur les 20 kms de Bruxelles qui se tenaient 3 semaines plus tard. Une règle avance en effet qu’il faut un jour de récup’ par km parcouru, dans mon cas, cela ferait donc 21 jours sans courir, ce qui ne m'a pas paru trop long, une fois la pression du marathon relâchée. 

Prochaine étape : travailler le chrono !  

Et le temps, me demanderez-vous ? Ben oui, car c’est bien sur cette donnée chronométrée que l’on juge un bon coureur, non ? Eh bien, disons que pour ce premier essai, j’ai plutôt été du rang de la tortue que du lièvre. Mon but premier étant de franchir la « finish line » à tout prix sans vraiment me fixer de timing précis (même si selon mes calculs, je visais les 2h30 max) et au final, j’ai fait 2h30, 57 sec ! J'entends déjà les runners aguerris ricaner et s'exclamer: "Quoi, c'est super lent!". Et je leur répondrai que pour moi, avaler ces 21 kms était un exploit comme gravir l'Everest pour un amateur d'alpinisme. Je compte toutefois améliorer mon temps évidemment pour la prochaine fois, en travaillant les fractionnés, et pourquoi pas, prendre le départ du semi de Bruxelles en octobre sous les couleurs de l'Association Barth?  Mais ça, c'est encore une autre affaire et à l'heure décrire ces lignes, je me demande si je ne vais pas plutot m'en tenir, dans un premier temps,  à bien travailler les 10 kms avant de m'entraîner plus sérieusement pour un nouveau semi. Si on se donnait plutôt rendez-vous dans un an à Visé pour passer en dessous de la barre des deux heures 15 ?